Coup d'accélérateur au Crioc. Les différents acteurs qui veillent, chacun à leur façon, sur le Centre de recherche et d'information des organisations de consommateurs s'activent désormais pour vérifier son bon fonctionnement et l'utilisation des deniers publics dont il vit, recadrer ses missions et lui assurer un avenir.
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Coup d'accélérateur au Crioc. Les différents acteurs qui veillent, chacun à leur façon, sur le Centre de recherche et d'information des organisations de consommateurs s'activent désormais pour vérifier son bon fonctionnement et l'utilisation des deniers publics dont il vit, recadrer ses missions et lui assurer un avenir. Le ministre de l'Economie, Johan Vande Lanotte, vient ainsi de dénoncer le contrat de gestion qui liait son administration au Crioc, en vigueur depuis 2003. Sa décision est intervenue à l'issue d'une première enquête de ses services. " Cet examen a notamment conclu à la nécessité de réécrire un nouveau contrat de gestion, le premier étant beaucoup trop vague ", a précisé la porte-parole du ministre. Ce nouveau contrat de gestion sera rédigé dans les six mois, c'est-à-dire pendant la durée de préavis prévue en cas de rupture de contrat. La rédaction de cette nouvelle mouture sera assurée par le SPF Economie, en concertation avec le Crioc, " c'est-à-dire sans doute le conseil d'administration ", a-t-on précisé au cabinet du ministre. La suspension du contrat n'aura pas de conséquences financières pour le Crioc cette année. Le montant de 1,7 million d'euros que le SPF Economie lui attribue est prévu au budget 2012. En 2013, en revanche, cette enveloppe dépendra du nouveau contrat de gestion. Parallèlement, le ministre a fait appel à un auditeur externe pour vérifier de quelle manière cette subvention est utilisée par le Crioc et si cette utilisation est conforme au contrat de gestion. Ses conclusions devraient tomber dans un mois, au minimum. De son côté, le conseil d'administration travaille ferme pour s'assurer du bon et juste fonctionnement du Crioc. Une enquête du Vif/L'Express, parue à la fin du mois de février et alimentée par de nombreux témoignages de collaborateurs anciens ou encore en poste au Centre, avait en effet soulevé de troublantes questions sur la crédibilité des enquêtes. L'importante rotation du personnel - en cinq ans, 51 travailleurs ont quitté le Crioc volontairement ou non, alors qu'il n'en emploie que 35 au total - avait également été pointée. Les administrateurs du Crioc ont dès lors commandé deux audits, l'un consacré à la qualité des enquêtes, l'autre à la gestion du personnel. Ce dernier a été confié à la firme anversoise Kite Consultants, qui devrait rendre ses conclusions à la fin du mois de mai. L'autre mission d'audit n'a, quant à elle, pas encore été attribuée. D'abord, parce que peu de consultants sont en mesure d'accepter sur le pouce un travail qui devrait aboutir dans un délai très court, c'est-à-dire d'ici au mois de juin, au plus tard. Ensuite, parce qu'il faut s'assurer que ce consultant travaille en toute indépendance et avec le recul nécessaire. " Nous maintenons notre souhait de procéder à cet audit qualitatif ", a insisté Denis Lambert, secrétaire général de la Ligue des familles, administrateur du Crioc et porte-parole du conseil d'administration. Les administrateurs ont également confirmé la rupture de tout lien contractuel entre le Crioc et Trade4you, une coopérative d'achat collectif d'énergie. Son administrateur délégué n'est autre que le directeur général du Crioc, Marc Vandercammen. A l'avenir, le Crioc ne louera donc plus un de ses bureaux à la coopérative et n'assurera plus pour elle non plus le service de médiation. Ce travail équivalait à 1,5 temps plein. Le directeur général du Crioc a précisé que les montants dus, dans ce cadre, par Trade4you au Crioc, soit quelque 80 000 euros pour 2011 avaient bien été facturés. Ce poste figure d'ailleurs dans le budget 2012. Les administrateurs, dont certains représentent les organisations syndicales, ont également pris leurs dispositions pour remettre en selle, au sein du Crioc, la délégation syndicale qui avait été supprimée en 2008, à l'initiative de Marc Vandercammen. LAURENCE VAN RUYMBEKE