Certains trouvent apparemment un certain plaisir à souffrir pendant quelques jours après un effort sportif, voyant dans ces courbatures une preuve qu'ils se sont entraînés dur... mais la plupart des gens se passeraient volontiers de ces douleurs qui rendent pénible le moindre mouvement et qui leur donnent l'impression d'être soudain rouillés ! Tous les groupes musculaires peuvent en principe être touchés : ceux de la main et de l'avant-bras après une journée passée à manier sécateurs et taille-haies, les biceps et le torse après un déménagement...
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Certains trouvent apparemment un certain plaisir à souffrir pendant quelques jours après un effort sportif, voyant dans ces courbatures une preuve qu'ils se sont entraînés dur... mais la plupart des gens se passeraient volontiers de ces douleurs qui rendent pénible le moindre mouvement et qui leur donnent l'impression d'être soudain rouillés ! Tous les groupes musculaires peuvent en principe être touchés : ceux de la main et de l'avant-bras après une journée passée à manier sécateurs et taille-haies, les biceps et le torse après un déménagement... Généralement modérée au lendemain de l'effort, la douleur explose souvent le surlendemain, rendant pénible le moindre geste. Plus rarement, il arrive que le contrecoup se manifeste immédiatement ou presque après l'effort, avec une impression d'avoir les muscles contractés de toutes parts ; il s'agit généralement du signe que vous avez dépassé vos limites. En principe, le mal disparaît de lui-même en quelques jours. La lourdeur de l'effort tend toutefois à être proportionnelle à la durée des symptômes et donc du rétablissement ; dans certains cas exceptionnels, les plaintes peuvent persister jusqu'à cinq jours. Personne ne sait exactement ce qui se passe dans nos muscles pour qu'ils nous infligent un tel traitement (1). De nombreux sportifs accusent l'acide lactique, mais il semble peu probable qu'il soit seul en cause. Les scientifiques évoquent parfois de petites lésions dans les fibres musculaires, mais les preuves sont là aussi limitées voire inexistantes, car nombre de chercheurs estiment que cette plainte banale ne vaut pas la peine qu'on s'y arrête. Dommage, car les courbatures relèvent d'un phénomène extrêmement complexe où même les nerfs semblent jouer un rôle. Une expérience a été menée, soumettant une jambe à un entraînement intensif tandis que l'autre restait au repos. Elle a révélé que les muscles de la jambe non entraînée devenaient également plus sensibles à la douleur (2), ce qui laisse deviner une implication du système nerveux. Ceci n'est pas illogique : la douleur dresserait alors une barrière psychologique à de nouveaux efforts. Les plaintes musculaires représenteraient donc une forme d'autoprotection spontanée du cerveau : en nous poussant au repos, elles nous forceraient à donner le temps au corps de se rétablir. Si ce raisonnement tient la route, des recherches plus poussées restent nécessaires pour comprendre la nature exacte du phénomène et réfléchir à des solutions ciblées... puisque là aussi, nous n'en sommes encore qu'à tâtonner. S'agissant de soulager les courbatures, chacun y va de sa solution... ce qui est généralement le signe qu'aucun remède n'est vraiment efficace. Certains prônent les massages, mais les preuves en ce sens sont pour le moins maigres. Les suppléments alimentaires non plus ne sont pas réellement utiles : ils semblent apporter un léger soulagement au début, mais il reste particulièrement modeste (3). S'ajoute à cela qu'ils présentent aussi des désavantages, provoquant fréquemment des diarrhées et autres plaintes digestives et ralentissant en outre le rétablissement (4). Mieux vaut donc s'en passer ; un raisonnement également valable pour les antalgiques. Une activité légère - se promener dans la maison, marcher jusqu'à la boulangerie, etc. - peut soulager transitoirement la douleur et la raideur musculaire. Par contre, elle n'accélère pas le rétablissement, et les plaintes resurgissent généralement de plus belle dès qu'elle s'interrompt. Enfin, serrer les dents et reprendre l'entraînement ou une activité exigeante sur le plan physique risque au contraire d'aggraver la situation. Les bains froids agrémentés de morceaux de glace sont actuellement très populaires chez les sportifs de haut niveau, qui affirment qu'ils se sentent mieux après ce traitement. Le froid semble également avoir un effet sur la douleur et réduire le gonflement des muscles... mais ne contribue pas au rétablissement. Se mettre au chaud immédiatement après l'effort semble nettement plus utile (1). La chaleur exerce un effet apaisant sur la douleur pouvant persister pendant plusieurs heures. Elle contribue à un meilleur maintien de la force musculaire et préserve dans une certaine mesure la souplesse des muscles, des tendons et du tissu conjonctif, de telle sorte que les mouvements demandent moins de puissance. La chaleur accroît en outre le métabolisme et l'irrigation des muscles... et ces deux effets contribuent vraisemblablement à un rétablissement musculaire plus rapide. Il faut toutefois lui laisser le temps d'agir, car elle atteint lentement les couches plus profondes de tissus comme les muscles. Comptez au moins une heure, par exemple en prenant un bon bain chaud avant de filer tout droit sous la couette. Sympa en hiver, sans doute un peu moins au plus chaud de l'été...