Tout voir et finalement ne rien regarder. Le paradoxe est de ceux que cultive l'époque. Mecque internationale de l'art contemporain, la Biennale de Venise enfourne les visiteurs à la pelle. Pour chaque édition, ce sont plus de 600 000 amateurs qui sont attendus. Influenceurs, décideurs muséaux, commissaires en vogue ou simples touristes, la Sérénissime est prise d'assaut. Pas forcément pour le meilleur. Souvent, c'est à travers l'écran d'un smartphone qu'une oeuvre est aperçue et aussitôt régurgitée sur les réseaux sociaux. Cette inflation visuelle pourrait faire croire que, malgré l'abondance des expositions, rien n'échappe au regard lors de cette grand-messe. Il n'en est rien. La meilleure preuve en est peut-être le récent pied de nez adressé à l'événement par Banksy. Le 22 mai dernier, l'artiste urbain britannique, dont le monde entier continue de questionner l'identité, a posté une hilarante vidéo sur son compte Instagram. On le voit (mais s'agit-il vraiment de lui ? Il y a peu de chance...) installer un petit étal de peintures au coeur des rues vénitiennes... avant de se faire déloger par la police sur le mode " pas d'autorisation, pas d'exposition ". Ce n'est pas la plus petite des contradictions que de voir ainsi éjecté, mais également totalement ignoré par une foule censée être avertie, un artiste adulé p...