L'atout est dans la manche communale namuroise, il n'y a plus qu'à le jouer. Et l'initiateur du projet qui gère le casino, Gambling Management, n'attend que ça : concrétiser le partenariat qui le lie à la Ville afin de pouvoir lâcher la monnaie... 20 millions d'euros, tout de même. L'enjeu : accorder à la société l'équivalent d'un bail emphytéotique de cinquante ans, afin de lui donner les garanties nécessaires à la rentabilité de son investissement. Accord que l'exploitant souhaite obtenir d'ici à la fin de 2009.
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L'atout est dans la manche communale namuroise, il n'y a plus qu'à le jouer. Et l'initiateur du projet qui gère le casino, Gambling Management, n'attend que ça : concrétiser le partenariat qui le lie à la Ville afin de pouvoir lâcher la monnaie... 20 millions d'euros, tout de même. L'enjeu : accorder à la société l'équivalent d'un bail emphytéotique de cinquante ans, afin de lui donner les garanties nécessaires à la rentabilité de son investissement. Accord que l'exploitant souhaite obtenir d'ici à la fin de 2009. Le CU2, certificat d'urbanisme, une quasi-garantie d'obtention du permis d'urbanisme, devait être approuvé au Collège ces derniers jours, a priori sans problème. " Ce projet, c'est une parabole, assure Arnaud Gavroy (Ecolo), échevin de l'Urbanisme. C'est ça, la méthode namuroise ! Le bâtiment, construit par Georges Hobé, est de style Art déco. C'est un patrimoine intéressant, mais il n'est pas classé, et nous n'avons pas de subside pour le rénover. Avec ce partenariat, tout le monde y gagne. "En plus de prendre en charge le coût des travaux, la société doit s'acquitter d'un loyer de 1,4 million par an. Pourtant, les autorités l'ont échappé belle : l'exploitant voulait quitter le site pour construire un tout nouveau casino, plus proche des voies d'accès rapides. La Ville aurait non seulement vu son patrimoine, vide, se dégrader, mais aurait perdu son loyer et les consommateurs locaux potentiels que sont les joueurs. Alors, elle a dit non. Quant à l'exploitant, il a revu sa copie. Sept fois, avant de trouver une solution qui ne soit ni " trop Las Vegas " ni " trop bunker ". De fait : le casino s'implante au pied de la citadelle et les Namurois restent particulièrement attentifs au paysage urbanistique de leur ville. " Enfin, on en sort, respire Emmanuel Mewissen, administrateur délégué du groupe Circus, initiateur du projet. L'architecture semble acceptée. C'est difficile d'arriver à quelque chose, ici. Cela fait cinq ans qu'on pense à ce projet. Il fallait qu'il tienne la route. "Finalement, c'est la création d'un parking et d'un hôtel 4-étoiles, répondant aux besoins de la capitale wallonne, qui a convaincu. Création et pas construction, car l'infrastructure comporte déjà une structure hôtelière : le Beauregard. Quarante-sept chambres vieillottes, dépassées et peu rentables. Une aile contemporaine sera accolée au vieux bâtiment qui sera rénové. Elle comportera 35 chambres supplémentaires, un centre de balnéothérapie et des salles de séminaires. En tout, le casino va gagner plusieurs milliers de mètres carrés. Pour Gambling Management, l'exploitant du casino, " cette rénovation est vitale. Les casinos sont obsolètes en Belgique. L'ère des grands joueurs est passée. Aujourd'hui, il faut se diversifier pour attirer les clients. Notre objectif : rendre le lieu moins solennel et plus grand public, pour que le casino devienne un lieu de destination de week-end. Et pour cela, il faut un hôtel de qualité, afin d'attirer les touristes comme les hommes d'affaires ". Pour prendre en charge la gestion de l'hôtel, on parle de la chaîne Martin's. " Nous avons des contacts, mais rien n'est encore signé. Ils ont une grande qualité hôtelière, cela me plairait de les avoir dans le projet. "Les avantages pour la Ville ne s'arrêtent pas là. L'agrandissement du casino devrait créer 40 emplois, à ajouter aux 220 existants. Par ailleurs, le nouveau parking, réservé aux joueurs en soirée, sera accessible à tous durant la journée. Bref, c'est bingo ! A.-C. D.B.