Nombre de personnes atteintes de cancer cherchent une aide dans les compléments alimentaires, consommant allègrement vitamines, minéraux, oligoéléments, phytothérapie et autres extraits de plantes. " Les études réalisées à ce sujet confirment que 54 à 81 % des patients oncologiques prennent l'un ou l'autre complément alimentaire, commente Eva De Winter, diététicienne oncologique à la Fondation contre le Cancer. Ils le font parfois pour améliorer leur qualité de vie (p.ex. pour mieux dormir), pour renforcer leur résistance ou combattre la déprime... mais aussi et surtout pour maximiser leurs chances de guérison et atténuer les effets secondaires de leur chimio- ou radiothérapie. "
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Nombre de personnes atteintes de cancer cherchent une aide dans les compléments alimentaires, consommant allègrement vitamines, minéraux, oligoéléments, phytothérapie et autres extraits de plantes. " Les études réalisées à ce sujet confirment que 54 à 81 % des patients oncologiques prennent l'un ou l'autre complément alimentaire, commente Eva De Winter, diététicienne oncologique à la Fondation contre le Cancer. Ils le font parfois pour améliorer leur qualité de vie (p.ex. pour mieux dormir), pour renforcer leur résistance ou combattre la déprime... mais aussi et surtout pour maximiser leurs chances de guérison et atténuer les effets secondaires de leur chimio- ou radiothérapie. " Un autre facteur déterminant est l'impression de reprendre le contrôle. " Un diagnostic de cancer est synonyme d'un moral en montagnes russes. Devoir mettre son sort entre les mains du monde médical s'accompagne pour les malades d'un grand sentiment d'impuissance, et la prise de suppléments est parfois pour eux un moyen de se dire qu'ils contribuent activement à leur processus de guérison. " La plus-value des compléments alimentaires ne réside pas pour autant uniquement dans leur effet placebo, souligne la diététicienne. Dans certains cas, ils ont un effet bénéfique démontré et peuvent compléter, voire améliorer, les traitements oncologiques classiques. Le gingembre est par exemple efficace contre certains types de nausées et vomissements associés à la chimiothérapie, la valériane est régulièrement utilisée dans les insomnies légères et la vitamine B6 contribuerait à prévenir ou limiter les symptômes du syndrome main-pied, caractérisé par une rougeur et une sensibilité de la peau des mains et des pieds sous l'effet de certains agents de chimiothérapie. " La recherche s'intéresse aussi beaucoup à l'administration combinée de médicaments contre le cancer et de compléments alimentaires, poursuit Eva De Winter. Imaginons par exemple qu'un complément puisse renforcer l'action d'un médicament utilisé en chimiothérapie. En théorie, il pourrait permettre de limiter les doses à administrer et donc les effets secondaires... mais nous n'en sommes pas encore là. " Les personnes qui prennent des compléments alimentaires se disent souvent que même s'ils ne font pas de bien, ils ne peuvent pas non plus faire de tort. Malheureusement, rien n'est moins vrai. " Il arrive même qu'ils compromettent l'efficacité du traitement. Le millepertuis, souvent présenté comme un antidépresseur naturel, peut par exemple réduire l'effet de la chimiothérapie. Le ginseng, utilisé pour ses vertus énergisantes, semble accroître la toxicité de certains traitements oncologiques, avec à la clé davantage d'effets secondaires et de dommages dans les tissus sains. En outre, et c'est peu connu, certaines plantes peuvent aussi par exemple fluidifier le sang, ce qui peut causer des problèmes si le patient continue à les prendre avant une opération. " Les antioxydants non plus ne sont pas innocents. Naturellement présents dans notre alimentation (vitamines A et C, sélénium...), ces substances ont une excellente réputation parce qu'elles freinent les processus oxydatifs au sein de l'organisme et protègent contre les dommages des radicaux libres. Malheureusement, certains traitements anticancéreux utilisent justement ces processus oxydatifs pour tuer les cellules malades... et dans ce cas précis, les antioxydants abaissent évidemment les chances de réussite en contrecarrant ce processus. " Il semble toutefois que ceci ne s'applique qu'aux compléments d'antioxydants, qui contiennent des doses de loin supérieures aux quantités journalières recommandées, précise Eva De Winter. Ceux que vous absorbez par le biais d'aliments tels que les fruits et légumes restent utiles et protecteurs.Les compléments contiennent en effet des doses concentrées, peu comparables à la teneur dans la plante. " Si Eva De Winter ne pouvait donner qu'un conseil aux patients atteints d'un cancer, ce serait donc de toujours parler de leurs compléments alimentaires à leur oncologue.