L'analyse d'ING

" Notre approche consiste à d'abord voir le client avant de lui proposer un plan, explique Thierry Masset, responsable des investissements chez ING. Nous lui posons quatre questions essentielles : quels sont ses besoins de revenus, quels sont ses besoins de capital (devra-t-il le dépenser prochainement ?), quel est son horizon d'investissement et, enfin, quelle est son goût ou son aversion pour le risque. Admettons qu'une personne se présente aujourd'hui avec un capital d'un million d'euros (NDLR : le ticket d'entrée de la banque privée d'ING) et qu'il souhaite en consacrer la moitié à l'investissement, nous lui conseillerions de diversifier. Actuellement, les clients qui souhaitent rester prudents veulent un portefeuille purement obligataire. Des actions ? Ils ne veulent pas en entendre parler car ils trouvent que c'est trop risqué. Or en se concentrant uniquem...

" Notre approche consiste à d'abord voir le client avant de lui proposer un plan, explique Thierry Masset, responsable des investissements chez ING. Nous lui posons quatre questions essentielles : quels sont ses besoins de revenus, quels sont ses besoins de capital (devra-t-il le dépenser prochainement ?), quel est son horizon d'investissement et, enfin, quelle est son goût ou son aversion pour le risque. Admettons qu'une personne se présente aujourd'hui avec un capital d'un million d'euros (NDLR : le ticket d'entrée de la banque privée d'ING) et qu'il souhaite en consacrer la moitié à l'investissement, nous lui conseillerions de diversifier. Actuellement, les clients qui souhaitent rester prudents veulent un portefeuille purement obligataire. Des actions ? Ils ne veulent pas en entendre parler car ils trouvent que c'est trop risqué. Or en se concentrant uniquement sur les obligations, ils prennent aussi des risques sans s'en rendre compte. Puisque les obligations de qualité présentent un rendement de plus en plus faible, ils souhaitent se tourner vers d'autres, qui offriront peut-être 4 % mais pour lesquelles les risques de faillite ne sont vraiment pas exclus. Mieux vaut donc diversifier. Pourquoi pas un peu d'actions (certaines, comme celles de Nestlé ou encore d'AB InBev, ont très bien traversé la crise) ou un peu d'immobilier coté. En termes d'espoirs de rentabilité, il s'agit d'une meilleure combinaison. " " Prenons l'exemple d'une personne de 50 ans qui disposerait d'un capital de 500 000 euros à faire fructifier jusqu'à l'âge de la retraite, mais sans prendre trop de risques. L'objectif est de générer un return suffisant qui assurera une croissance du capital supérieure à l'inflation tout en restant attentif à sa protection. Pour ce type de portefeuille, l'investissement autorisé en actions est de maximum 50 % et son horizon de temps est d'au moins 5 ans. Il aura par conséquent un niveau de risque plus faible que la moyenne. Nous nous basons sur le principe de diversification et sur l'utilité de réunir différents types d'investissements (actions, obligations, cash, etc.) dans un portefeuille. Mais il faut aussi diversifier les modes de gestion, en combinant les compétences et les approches. D'abord, le "long term value", qui repose sur le long terme et sur le principe d'acheter des actifs décotés au regard de leur valeur réelle, indépendante de l'avis des marchés. En clair, nous ferions l'inverse de l'opinion générale des intervenants sur les marchés. Nous investirions également dans des solutions de "gestion asymétrique" : elles visent à réduire les risques de baisse des marchés financiers en participant moins lorsqu'ils sont à la hausse. Enfin, nous complèterions par une sélection de fonds de tiers. L'important, pour réaliser ces objectifs, sera d'appliquer ces principes de manière systématique et sur le long terme, quelles que soient les circonstances de marché. " " La première erreur serait celle de la concentration, relève Philippe de Broqueville, associé chez Petercam. Il faut diversifier les portefeuilles. Puisque la croissance européenne n'est pas au beau fixe, il faudra peut-être aller la chercher à l'étranger. Notamment dans les pays émergents, qui présentent des caractéristiques démographiques favorables et une population qui manifeste une volonté d'augmenter son niveau de vie. Voire aussi vers les pays qui se découvrent de nouvelles ressources naturelles, comme par exemple l'Australie. Bref, il faudrait procéder à une analyse géographique et sectorielle, mais aussi basée sur les devises. L'or peut aussi être utile dans le cadre d'une diversification. Ça ne rapporte pas grand-chose, mais cela n'est pas à négliger dans un contexte où les banques centrales se retrouvent confrontées à l'inflation et à des risques de désordre monétaire. Nous recommanderions par ailleurs entre 45 et 50 % d'actions et une part en obligations d'environ 40 %. Aussi un peu d'immobilier coté, des Sicafi pour quelques pourcents, car celles-ci sont liquides. Quand ça ne rapporte plus, on peut les vendre. Contrairement à la location d'un bien, qui peut ne plus générer de rendement. Ce serait déjà un très bon mix de portefeuille avec lequel démarrer si l'objectif de rendement à moyen terme est de 5 à 7 %. " M. Gs." La première erreur serait celle de la concentration. Il faut diversifier les portefeuilles "