1 Les obligations

La rentabilité des obligations est actuellement très faible et certaines d'entre elles affichent même des rendements nominaux négatifs - notamment les obligations souveraines de plusieurs Etats européens. La perspective d'une éventuelle inflation en 2021 joue en défaveur de ce type d'actif, tout comme le fait que les taux sont extrêmement bas et devraient le rester. Les obligations gardent néanmoins une utilité dans le cadre d'un portefeuille diversifié "car elles servent d'amortisseurs au cas où la situation se dégrade et que les taux se mettent à baisser", signale Philippe Ledent, senior economist chez ING Belgium. Pour dégager un peu de rendement, la tendance est aujourd'hui de se tourner vers des obligations d'e...

La rentabilité des obligations est actuellement très faible et certaines d'entre elles affichent même des rendements nominaux négatifs - notamment les obligations souveraines de plusieurs Etats européens. La perspective d'une éventuelle inflation en 2021 joue en défaveur de ce type d'actif, tout comme le fait que les taux sont extrêmement bas et devraient le rester. Les obligations gardent néanmoins une utilité dans le cadre d'un portefeuille diversifié "car elles servent d'amortisseurs au cas où la situation se dégrade et que les taux se mettent à baisser", signale Philippe Ledent, senior economist chez ING Belgium. Pour dégager un peu de rendement, la tendance est aujourd'hui de se tourner vers des obligations d'entreprises, tout en restant cependant prudent "car sur le marché obligataire, on n'est pas énormément rémunéré par rapport aux risques pris", avertit Philippe Ledent. Les pays émergents sont également une alternative, à utiliser avec parcimonie. "Ce sont des actifs plus volatiles et risqués", précise Olivier Fumière, investment strategist chez Belfius. Le bitcoin et plus largement les cryptomonnaies ont leurs adeptes, et leurs perspectives peuvent sembler alléchantes. Toutefois, il faut garder à l'esprit que ce sont des produits hautement spéculatifs et très risqués pour les investisseurs individuels ou novices. Ceux qui veulent adopter un profil de risque défensif ou modéré passeront également leur chemin. "Une cryptomonnaie repose sur pas grand-chose", relève Philippe Ledent. "C'est une croyance et le prix évolue principalement en fonction du fait qu'il y a des gens qui s'y intéressent ou non. Je pense par contre que les monnaies électroniques émises par les banques centrales pourraient avoir de l'avenir." Les marchés boursiers ont particulièrement bien résisté à la crise de 2020, à tel point que certaines actions sont déjà hautement valorisées. C'est par exemple le cas de Tesla, qui a progressé de 700% au cours de 2020. "De manière globale, le marché américain est déjà bien valorisé", pointe Philippe Ledent. "Même si l'on est dans une optique de croissance pour 2021, il ne faut pas se laisser aveugler par ces valeurs qui ont déjà énormément progressé et sont chères dans certains cas." Il faut également se méfier des effets de mode. Selon le senior economist d'ING Belgium, le plus sûr est de privilégier les entreprises qui disposent d'un bon bilan, de bénéfices récurrents et d'un business model très clair. "Il faut faire attention aux sociétés performantes mais très endettées, ou à celles dont le cash-flow futur est entièrement basé sur la concrétisation de promesses. Dans l'état actuel des marchés, ce n'est pas le genre de pari à faire." La quête de rendement peut pousser les investisseurs à se tourner vers des produits présentant des risques plus élevés mais il est important de savoir mesurer ceux-ci. "Sur le marché obligataire, les high yield (haut rendement) peuvent par exemple proposer des rendements intéressants, mais il faut garder à l'esprit que ce sont des entreprises très endettées, et par conséquent risquées", met en garde Philippe Ledent. Olivier Fumière , lui aussi, préconise aussi de privilégier la qualité des entreprises et d'être particulièrement attentif si l'on achète des actions individuelles. "Comme l'a illustré récemment l'affaire GameStop avec sa forte hausse suivie d'une énorme chute, il faut éviter de suivre aveuglément et de spéculer sans connaître les valeurs derrière un titre", confie l'investment strategist de Belfius. "Il est important de connaître l'entreprise dans laquelle on investit, ce qu'elle représente, etc."