MICHAËL BORREMANS

La maîtrise picturale de Michaël Borremans (Grammont, 1963) laisse sans voix. Devant ses toiles, on renoue avec le genre de fascination qu'inspire un Jan Van Eyck. La puissance de sa touche ...

La maîtrise picturale de Michaël Borremans (Grammont, 1963) laisse sans voix. Devant ses toiles, on renoue avec le genre de fascination qu'inspire un Jan Van Eyck. La puissance de sa touche est telle qu'il parvient à rendre inépuisable l'objet le plus insignifiant du monde. Il le prouve une nouvelle fois à l'occasion de sa 7e exposition à la galerie Zeno X. Alignant une série de "cônes colorés", la proposition bluffe. Si le regardeur non averti constate l'incroyable rendu des textures, l'amateur éclairé, lui, ne peut pas passer à côté de ce qui se joue, à savoir l'élaboration d'un portrait véritable, au croisement de l'abstraction et de la figuration. A travers le reflet satiné de l'étoffe, l'incroyable texture, d'une huile comme The Pope (2020), on voit où l'intéressé veut en venir: remonter l'histoire de l'art occidentale. Direction? Vélasquez et la pénétrante mosette d'Innocent.