Après Ce qui arrive, sa formidable adaptation de la bande dessinée hors norme Ici de Richard McGuire, Coline Struyf passe d'un récit de la vie sur Terre à une intrigue se déroulant sur une seule nuit. En collaboration avec la jeune autrice, metteuse en scène et slameuse Louise Emö, celle qui est aussi la nouvelle directrice du Varia interroge dans Dans la nuit les déclics de la révolte.
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Après Ce qui arrive, sa formidable adaptation de la bande dessinée hors norme Ici de Richard McGuire, Coline Struyf passe d'un récit de la vie sur Terre à une intrigue se déroulant sur une seule nuit. En collaboration avec la jeune autrice, metteuse en scène et slameuse Louise Emö, celle qui est aussi la nouvelle directrice du Varia interroge dans Dans la nuit les déclics de la révolte. Le texte de Dans la nuit existait-il avant ce spectacle? Non, c'était une commande. J'ai donné à Louise Emö tous les cadres de l'histoire que j'avais envie de développer et elle s'est emparée de cette structure narrative pour écrire la pièce. Nous avons travaillé en échange constant sur la matière pour avancer entre son écriture et le projet de mise en scène. J'ai découvert le travail de Louise en tant qu'enseignante à l'Insas, où elle a suivi le master en écriture. J'ai pensé à elle pour ce projet car je cherchais une langue assez vive, assez urbaine et Louise a un vrai travail sur le mot, la phrase, son dépliement. Elle arrive à exprimer plusieurs choses en se jouant des mots, en les détournant, en les retournant. Dans la nuit parle de révolte? Oui, j'ai voulu m'atteler à nouveau à cette question en essayant de voir comment la révolte est une chose à la fois collective et intime. Avec cette question: qu'est-ce qui nous met en mouvement? A quel moment, dans notre vie, décide-t-on qu'on veut sortir, se déplacer? J'ai créé un récit à partir de la confrontation entre deux soeurs qui viennent d'une famille assez privilégiée. L'une a décidé d'hériter de l'empire financier familial et de suivre son destin ; l'autre a quitté sa famille pour suivre une autre voie. La seconde débarque dans la vie de la première au moment où la ville vit elle-même une insurrection, lors d'une nuit fulgurante, trépidante. Pourquoi la nuit? Parce que la nuit peut révéler des choses qui sont cachées à la lumière du jour. La nuit est vue comme un espace où tous les rôles - sociaux, familiaux - que nous jouons la journée peuvent vaciller et dévoiler d'autres parties des êtres. C'est peut-être à travers nos failles que l'on pourrait se relier plutôt que d'essayer de toujours se montrer blindés, forts, en armure. Comment peut-on travailler à rendre visibles nos vulnérabilités et en faire des forces.