Dans le forum des lecteurs du Vif/L'Express du 7 février, on a pu lire quelques arguments habituels de la mouvance climatosceptique contestant le rôle des activités humaines dans le réchauffement climatique. Qu'en est-il d'un point de vue scientifique des deux principaux arguments : l'influence du CO2 est contestable et le climat a toujours changé.

Premier argument : la très faible concentration en CO2 dans l'atmosphère, 0,04 % actuellement soit 400 parts par million, ne peut expliquer le réchauffement. Voilà qui résulte d'une méconnaissance des mécanismes de l'effet de serre. Il faut en effet également tenir compte de la présence d'autres gaz produits par l'activité humaine (méthane, NOx, CFC...), et dont l'effet de serre est, en outre, nettement plus fort que celui du CO2, et ne pas oublier que l'effet de serre généré par ces faibles concentrations est suffisant pour réchauffer l'atmosphère à une température moyenne d'environ 15 degrés depuis la fin de la dernière déglaciation, il y a 10 000 ans. Sans cet effet, la température moyenne serait de l'ordre de -18 degrés car le rayonnement thermique réémis par la surface de la Terre ne serait pas arrêté dans les hautes couches de l'atmosphère.

Argument numéro 2 : le climat a toujours changé et cela s'explique par les variations de la position de la Terre autour du Soleil. C'est exact, mais à l'échelle de plusieurs dizaines ou centaines de milliers d'années. Ces changements climatiques à grande échelle sont responsables de l'alternance des époques glaciaires et interglaciaires qui se sont succédé depuis deux millions d'années. Ils résultent de la variation cyclique des trois paramètres de l'orbite de la Terre autour du Soleil et engendrent des cycles dits " de Milankovitch ", du nom de l'auteur de cette théorie validée par de nombreuses études. Ils ont des périodicités de plus ou moins 100 000, 41 000 et 20 000 ans, ce qui n'est pas cohérent avec la vitesse du réchauffement observé actuellement. De plus, en vertu de ces cycles, nous sommes de nos jours dans une phase d'adoucissement de la température, pas de réchauffement ! [...]

Les débats entre tenants et opposants au rôle de l'homme dans le réchauffement ne sont certainement pas prêts de s'arrêter. Chacun se forgera son opinion mais cela ne doit pas empêcher d'agir dès à présent en fonction de ses convictions.