Finalement, vous reconnaissez que le critère du tirage au sort pour départager les demandes d'inscription trop nombreuses dans une centaine d'écoles n'était pas le bon !

La simple honnêteté me conduit à admettre que le critère aléatoire, qu'on appelle loterie, ne fonctionne pas. Le processus en cours doit être maintenu pour la rentrée 2009, mais le système est grillé pour l'avenir.
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La simple honnêteté me conduit à admettre que le critère aléatoire, qu'on appelle loterie, ne fonctionne pas. Le processus en cours doit être maintenu pour la rentrée 2009, mais le système est grillé pour l'avenir. Je n'avais pas imaginé une telle panique, un tel gonflement des inscriptions. En fait, je n'ai jamais été un chaud partisan des critères aléatoires. Le texte initial, conçu après l'échec du décret Arena, laissait les chefs d'établissement autonomes pour organiser le tri des élèves inscrits. Mais le Conseil d'Etat a recalé notre projet. J'ai été forcé d'instaurer les critères contestés. Notre travail n'était pas improvisé. Le texte, qui vise à une plus grande mixité sociale, a été longuement discuté avec les associations concernées. On est allé à l'étranger pour s'inspirer d'autres modèles. Tout s'est bien déroulé lors des inscriptions, sauf dans 95 écoles, quasi les mêmes que celles où, suite au décret Arena, il y a eu des files de parents en novembre 2007. Je veux ramener la sérénité dans les écoles. L'inquiétude actuelle donne de l'école une image que je n'aime pas. Même si le décret Mixité est une £uvre collective, j'assume cet échec. J'aimerais que d'autres en fassent autant. Nos sorties n'étaient pas concertées. Joëlle Milquet et moi avons simplement tenu compte de la réaction du terrain. J'aurai plus de temps pour préparer ce nouveau décret. Le critère de proximité suggéré par des associations de parents me semble intéressant, mais vous voyez qu'il provoque déjà des réactions négatives. En Flandre, les inscriptions ne se font pas toutes au même moment. Mais ce système primitif de files a, dans certains cas, des résultats catastrophiques. Les Flamands envisagent de le remettre en cause. Des dossiers ont tout de même avancé : la formation continue, l'encadrement différencié, l'introduction du test scolaire à la fin du secondaireà Pour le reste, il n'est pas facile de bousculer les mentalités. Les écoles vont demander aux parents dont les enfants sont acceptés de confirmer leur choix. La bulle des multi-inscriptions va alors se dégonfler.Entretien : Olivier Rogeau