Bataille de chiffres : le CDH assure, dans son programme électoral, que le taux de chômage à Bruxelles a baissé sous cette législature, sous-entendu grâce à la majorité sortante (PS-CDH-Ecolo), affirmation jugée " tout à fait fausse " par le MR. Une certitude : ces derniers mois, avec la crise économique, la hausse est constante, à tel point que la barre des 100 000 chômeurs devrait être atteinte au moment même où l'électeur se rendra aux urnes. La capitale compte désormais quelque 21 % de chômeurs, pour envi...

Bataille de chiffres : le CDH assure, dans son programme électoral, que le taux de chômage à Bruxelles a baissé sous cette législature, sous-entendu grâce à la majorité sortante (PS-CDH-Ecolo), affirmation jugée " tout à fait fausse " par le MR. Une certitude : ces derniers mois, avec la crise économique, la hausse est constante, à tel point que la barre des 100 000 chômeurs devrait être atteinte au moment même où l'électeur se rendra aux urnes. La capitale compte désormais quelque 21 % de chômeurs, pour environ 7 % en Flandre et 14 % en Wallonie. Voilà qui jette une ombre sur le bilan du ministre CDH de l'Economie et de l'Emploi, Benoît Cerexhe, qui se flattait voici peu d'avoir enregistré la création nette de 40 000 emplois entre 2004 et 2008. Face au fléau, le gouvernement bruxellois a notamment dépoussiéré et humanisé l'organisme régional d'activation des chômeurs. L'Orbem, rebaptisé Actiris il y a deux ans, a simplifié ses structures, proposé ses offres sur son site www.actiris.be et ouvert des antennes dans plusieurs communes. " Si tu ne vas pas à Actiris, Actiris viendra à toi ! " prévenait Cerexhe, paraphrasant Féval. Néanmoins, le suivi des demandeurs d'emploi manque encore d'efficacité. Annoncé depuis plus d'un an, le système d'envoi d'offres d'emploi ciblées par SMS, qui a démontré son succès en Flandre, peine à être activé. Les chèques-langues seraient utilisés par 5 à 10 % seulement des demandeurs d'emploi, alors que 90 % des chômeurs sont unilingues. Les chèques-formation ne rencontreraient guère plus de succès, alors que le manque de qualification est considéré comme l'une des causes principales du taux élevé de chômage, en plus de la méconnaissance des langues. L'opposition libérale tire à boulets rouges sur un gouvernement bruxellois accusé de se réfugier derrière des arguments budgétaires pour justifier les piètres résultats de la lutte contre le chômage. " Les finances d'Actiris sont pourtant passées de 211 à 248 millions d'euros entre 2005 et 2008, note la chef de groupe MR Françoise Schepmans. Mais 32 % seulement de ce budget va réellement à l'accompagnement des chômeurs. Les deux tiers restants sont alloués aux 9 000 ACS, ces emplois publics qui profitent pour moitié à plus d'un millier d'ASBL, dont certaines ne remplissent pas toujours des missions essentielles. Je doute qu'on puisse réduire le chômage à coups d'emplois subsidiés, que Charles Picqué veut multiplier. " Thème central des programmes de tous les partis, l'emploi apparaît déjà comme le grand défi de la prochaine législature. OLIVIER ROGEAU