Première lourde perte pour le MR de Charleroi, au pouvoir depuis deux ans à peine. Son chef de file au collège échevinal, Philippe Sonnet, a dû démissionner sans gloire. Ce " chevalier blanc " honni par l'ancienne majorité absolue socialiste, qu'il a pourfendue, était en charge de l'Environnement et de la Propreté. Abattu à l'issue d'une froide vengeance, orchestrée par le PS ? Pas vraiment. Sonnet avait des soucis personnels avec le fisc. Il est tombé tout seul. Avec l' " aide " d'...

Première lourde perte pour le MR de Charleroi, au pouvoir depuis deux ans à peine. Son chef de file au collège échevinal, Philippe Sonnet, a dû démissionner sans gloire. Ce " chevalier blanc " honni par l'ancienne majorité absolue socialiste, qu'il a pourfendue, était en charge de l'Environnement et de la Propreté. Abattu à l'issue d'une froide vengeance, orchestrée par le PS ? Pas vraiment. Sonnet avait des soucis personnels avec le fisc. Il est tombé tout seul. Avec l' " aide " d'un mandataire écologiste issu de l'opposition, semble-t-il, qui s'étonnait de la mansuétude de l'administration fiscale. Sonnet vient d'être renvoyé devant un tribunal correctionnel, où il comparaîtra pour fraude fiscale. Une étonnante négligence : l'absence de déclaration pour les exercices 2002 à 2006. Soit une ardoise de plusieurs dizaines de milliers d'euros. Au passage, dit-on, la justice vérifiera pourquoi le fisc a mis quatre ans à réagir. A Charleroi, la méfiance règne plus que jamaisàMéconnu du grand public, le discret Sonnet n'a pas eu le temps de grandir. On le présente comme le vrai " cerveau " du MR carolo, l'homme qui aurait téléguidé Olivier Chastel pendant les semaines où l'ère " Van Cau " a basculé. C'était à l'été 2005. Chastel et Sonnet avaient diffusé sur leur site Internet les constats accablants d'un audit qui ciblait la société de logements sociaux La Carolorégienne. Le début de la fin pour l'ex-échevin Claude Despiegeleer (PS) et consorts. Peu de temps après, Philippe Sonnet, dénonçant aussi des abus commis au sein de l'intercommunale ICDI, s'était vu offrir un poste d'échevin pour services rendus. L'arroseur arrosé, aujourd'hui remplacé par un pharmacien d'origine camerounaise, Alain Eyenga, a démissionné sur-le-champ. Empêchant toute spéculation médiatique et évitant à Didier Reynders, son président de parti, d'avoir à s'exposer sur un terrain mouvant, où d'autres personnalités libérales ont joué ces dernières années avec les allumettes. Tel l'ancien chef de parti Daniel Ducarme, stoppé en pleine ascension par des tracas fiscaux. S'il veut rebondir, Sonnet devra justifier ses négligences répétées - il avait été démis à la Cour des comptes, en 2002, suite à des absences non justifiées. Par la dépression " qui peut toucher les hommes politiques et qui peut amener des comportements qui ne sont pas compréhensibles ", comme l'a osé le bourgmestre de Charleroi Jean-Jacques Viseur (CDH) ? l Ph.E.