Il y a au moins un point sur lequel tous les partis s'accordent : l'indispensable réduction du trafic automobile. Cet objectif est rendu obligatoire par le protocole de Kyoto et par les prévisions du Bureau du Plan, qui promet une congestion totale en 2030. L'objectif de rééquilibrer les modes déplacement en ville est commun à tous les partis, mais les méthodes pour y parvenir divergent.
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Il y a au moins un point sur lequel tous les partis s'accordent : l'indispensable réduction du trafic automobile. Cet objectif est rendu obligatoire par le protocole de Kyoto et par les prévisions du Bureau du Plan, qui promet une congestion totale en 2030. L'objectif de rééquilibrer les modes déplacement en ville est commun à tous les partis, mais les méthodes pour y parvenir divergent. Le parti socialiste propose un éventail détaillé de mesures. Mais ce sont souvent des choix déjà actés par le gouvernement de Charles Picqué : plan régional de stationnement, nouveaux parkings publics, désengorgement du boulevard Lambermont... De même, le réaménagement de l'avenue Charles Quint et le projet de métro vers Schaerbeek font partie du plan Iris 2 adopté fin 2008. Le PS affiche son soutien à la multi-modalité. " Il estime néanmoins que chacun doit pouvoir disposer d'un emplacement de parking confortable et considère les déplacements en bus, tram, etc., comme une alternative si la voiture est moins efficiente, note Jérôme Matagne, chargé de mission à Inter-Environnement Bruxelles. De plus, le financement des grands travaux envisagés pour améliorer la fluidité du trafic et des transports publics provient toujours du fédéral ou d'un accord de coopération, ce qui rend ces projets hypothétiques. " Le PS réclame un RER utilisable non seulement par les navetteurs, mais aussi par les Bruxellois, négligés dans le compromis actuel négocié avec la SNCB. Le programme semble avoir été écrit par la section locale bruxelloise du parti. Les humanistes placent la mobilité au c£ur de l'aménagement du territoire, de l'urbanisme et de la protection de l'environnement. Leur objectif : diminuer drastiquement le recours à la voiture. Les mesures préconisées se limitent toutefois à intégrer les réseaux et à améliorer le plan Vicom (plus de sites propres pour trams et bus). Ou encore à renforcer la sécurité des usagers des transports en commun : " Les couloirs de certaines stations de métro, comme Montgomery, sont dangereux en soirée ", s'indigne le ministre Benoît Cerexhe. Le CDH veut aussi offrir des transports publics gratuits pour 2013. " Cette idée fait son chemin ", assure Cerexhe. " C'est un cadeau probablement électoraliste, car irréaliste, commente Inter-Environnement. On propose en outre des mesures déjà existantes ou prévues : taxis collectifs, car sharing, métro Nord-Sud... " Au chapitre de l'inter-modalité, le parti défend des idées innovantes, comme les bandes réservées au covoiturage, les bandes différenciées selon l'heure de la journée et la formation de " conseillers mobilité pour les ménages ". Les humanistes reconnaissent la perversité du système des voitures de société et avancent une formule alternative d' " indemnité logement ". Même si la fiscalité dépend du fédéral, le CDH propose de taxer l'usage et non plus la possession de la voiture. Les libéraux admettent l'urgence de poser des " gestes forts ". Mais le recours à la voiture n'est pas contrarié. Le MR est le seul parti à estimer que les compétences de stationnement doivent rester dans le giron communal. Au risque de multiplier les politiques locales accommodantes qui ont mené à l'impasse actuelle. De même, le parti milite pour la construction de parkings pour dégager les quartiers touristiques : on cache les voitures gênantes plutôt que d'en limiter le nombre. Original : " Nous voulons interdire le centre-ville aux véhicules qui n'arborent pas une éco-vignette, annonce la chef de groupe MR Françoise Schepmans. Nous voulons aussi exonérer de taxes les voitures propres. " La mesure ne va pas pour autant dans le sens d'une diminution du trafic. " Les voitures dites ''propres'' créent aussi des bouchons, confirme Inter-Environnement. En outre, la mesure défavorise les classes précarisées, qui ne peuvent renouveler leur véhicule. " Le MR se mouille pour des lignes de tram extrarégionales (vers Diegem, Zaventem, Ruisbroek), v£u pieux, car Bruxelles n'a pas de prise sur ce dossier. Les réformateurs suggèrent une piste de financement concrète : ils demandent que l'accord Beliris (intervention du fédéral) soit orienté vers la mobilité. Plus restreint que les autres programmes, celui des Ecolos, associés à Groen !, ose quelques projets novateurs et radicaux. Les verts sont les seuls à réclamer des " quartiers durables " et une ville " zone 30 ". " Ils sont aussi les seuls à proposer le péage urbain et la diminution de l'offre de stationnement sans compensation ", relève Inter-Environnement. Idées neuves : des quartiers piétonniers dans chaque commune ; une carte à puce Hypermobil (utilisable sur l'ensemble des réseaux de transport, dans les taxis et les véhicules et vélos partagés) à la place de la voiture de société ; 100 % des voiries aménagées pour les vélos d'ici à 2015 ; et un " RER cycliste " (pistes cyclables sécurisées). Ecolo s'attarde sur l'intérêt d'un RER pour les Bruxellois aussi. " Intégrons également le train dans les déplacements locaux en augmentant la fréquence sur les lignes ", suggère la ministre bruxelloise Evelyne Huytebroeck. Longtemps hostiles au métro, jugé trop coûteux (dix fois plus cher que le tram par kilomètre de ligne construit), les Ecolos se sont finalement alignés sur les autres partis, favorables à son extension. O.R.