Le projet du Cadran doit être une " porte d'entrée pour la ville ". Là-dessus au moins, tout le monde est d'accord. Mais si chacun s'accorde à dire qu'il faut construire " quelque chose " sur les terrains au carrefour des rues Mont-Saint-Martin et Saint-Hubert, c'est sur la manière de faire que ça coince ! Au programme : 3 600 m2 de bureaux, 300 m2 de commerces, une maison de repos de 120 lits, 40 appartements, 118 apparts-hôtels et 200 places de parking. Toutes ces fonctions seraient réparties sur 4 immeubles et sur 27 000 m2, pour ...

Le projet du Cadran doit être une " porte d'entrée pour la ville ". Là-dessus au moins, tout le monde est d'accord. Mais si chacun s'accorde à dire qu'il faut construire " quelque chose " sur les terrains au carrefour des rues Mont-Saint-Martin et Saint-Hubert, c'est sur la manière de faire que ça coince ! Au programme : 3 600 m2 de bureaux, 300 m2 de commerces, une maison de repos de 120 lits, 40 appartements, 118 apparts-hôtels et 200 places de parking. Toutes ces fonctions seraient réparties sur 4 immeubles et sur 27 000 m2, pour un budget avoisinant les 37 millions d'euros. Ce nouveau plan masse immobilier s'implante sur un site stratégique de Liège, un pôle d'accès de la cité, au pied du Publémont. Et là vient le hic : le projet déposé à l'urbanisme en septembre 2008 déroge à huit reprises au règlement régional en vigueur. Les remarques concernent, entre autres, les gabarits (rez+7), les matériaux (enduit blanc), les décrochages (balcons et loggias), les parkings ou les profondeurs d'immeubles.Profitant de l'enquête publique, certains riverains ont pris la balle au bond pour qualifier les volumes de " trop massifs " et d'" irrespectueux du bâti environnant ". Il est vrai que le quartier de cet ancien centre protégé souffre toujours de sa césure par la voie rapide qui descend de Burenville. Et les riverains disent désirer plus que tout qu'on respecte le patrimoine local encore existant, dont l'hôtel des comtes de Méan ou la cathédrale Sainte-Croix. Cette opinion est également soutenue par une union sacrée spontanée d'architectes liégeois qui pointe la "débauche de dérogations " demandée par le maître de l'ouvrage dans une vision " uniquement commerciale ". " Faux ", s'insurge ce dernier, le promoteur Pierre Berryer : " Je réalise en même temps le projet de rénovation de l'hôtel de Sélys et des comtes de Méan juste en face. Je n'ai aucun intérêt à gâcher la vue ou à ne pas mettre ces bijoux en valeur ! C'est pour cela que les deux premiers niveaux sont en partie ouverts pour permettre une vue sur les anciens bâtiments. " L'investisseur cite également un impératif technique : " Tout le monde s'accorde à dire qu'il faut des places de parking à cet endroit. Or nous sommes juste au-dessus d'une rame de chemin de fer et nous ne pouvons pas descendre bien bas. " Pierre Berryer est disposé à expliquer les réflexions qui ont nourri son projet. De leur côté, les autorités communales sont optimistes. Et Michel Firket, échevin de l'Urbanisme (CDH), d'ajouter, sourire en coin : " Les promoteurs sont toujours pressés, mais ça va aller ! Nous allons avoir une discussion ouverte avec les investisseurs et les riverains pour que les feux passent au vert. "C.W.