Trente heures, à peine. C'est le temps qu'il aura fallu pour écouler tous les tickets uniques pour le concert de Stromae, qui se produira sur la place de l'Hôtel de Ville le 16 juillet prochain. Une pré-soirée d'ouverture et une légère entorse à la tradition, puisque les Francofolies ne débuteront officiellement que le lendemain. Mais pour s'offrir le " maestro ", il faut pouvoir composer avec son agenda hyper- chargé et se montrer flexible.
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Trente heures, à peine. C'est le temps qu'il aura fallu pour écouler tous les tickets uniques pour le concert de Stromae, qui se produira sur la place de l'Hôtel de Ville le 16 juillet prochain. Une pré-soirée d'ouverture et une légère entorse à la tradition, puisque les Francofolies ne débuteront officiellement que le lendemain. Mais pour s'offrir le " maestro ", il faut pouvoir composer avec son agenda hyper- chargé et se montrer flexible. Puis, ne pas être jaloux : le chanteur belge donnera un concert quatre jours avant aux Ardentes, à Liège. Une même tête d'affiche pour deux festivals si proches, tant géographiquement que temporellement, ça n'arrive pas chaque été ! L'année dernière, les deux événements s'étaient âprement disputés la venue de M. La Cité ardente l'avait alors emporté sur la perle des Ardennes, qui fêtait sa 20e édition. Mais cette dernière a pris sa " revanche " : son concert de Stromae affiche d'ores et déjà complet, alors qu'à l'heure de rédiger ces lignes, les pass d'un jour pour la représentation liégeoise du 12 juillet sont toujours disponibles à la vente. Quant aux abonnements " Francopass ", très prisés, ils sont... épuisés. " Quatre mois avant le festival, ça n'était jamais arrivé ! " se réjouit Jean Steffens, co-organisateur. Après avoir connu une baisse de fréquentation pendant quelques années, les Francofolies retrouveraient-elles le chemin du succès ? L'édition-anniversaire de 2013 fut en tout cas une réussite, avec ses 180 000 fans. Certes, un peu moins qu'en 2011 (185 000), mais bien mieux qu'en 2012 (160 000). Le succès ensoleillé du 20e anniversaire n'a pas empêché Jean Steffens d'affirmer, au lendemain du festival, qu'il faudrait " réinventer " les Francos. " Nous sommes arrivés à un moment pivot pour entamer une réflexion quant à l'avenir, même si le concept a déjà fortement évolué depuis les débuts ", détaille-t-il. Pas question pour autant de remettre en cause le positionnement. Même si certains reprochent régulièrement aux Francofolies de ne plus avoir de francophone que le nom, en accueillant des artistes qui chantent souvent en anglais, voire des interprètes qui n'ont aucun lien avec la langue de Molière, comme Hugh Laurie en 2012. " On a entendu pas mal de critiques, mais on faisait déjà ça il y a quinze ans avec Zucchero ! " réplique Charles Gardier, co-organisateur. " Il n'y a que 10 % d'artistes anglophones à chaque édition ", ajoute Jean Steffens. Bref, on ne touche pas à la recette historique. Au contraire : elle est plus que jamais une arme pour se démarquer des concurrents toujours plus nombreux (et parfois gratuits) " qui font tous la même chose, dixit Jean Steffens. Tous ont perdu une partie de leur âme. Nous voulons continuer à nous positionner de manière originale et spécifique ". Les ingrédients seront donc modifiés à la marge. Le jardin des Francos, lancé en 2012 et dédié aux musiques électroniques, passe cette année à la trappe. En revanche, les organisateurs souhaitent davantage jouer la carte " jeunes talents ". Des concerts découvertes et gratuits seront organisés au petit théâtre du casino. Les artistes belges devraient également être mis à l'honneur, annonce Jean Steffens. " On en accueille plus que n'importe quel autre festival. Avec 1 250 accréditations de la presse, nous restons l'événement culturel le plus couvert de la Fédération Wallonie-Bruxelles et c'est un bon tremplin. Nous avons d'ailleurs déjà contribué à pas mal de lancement de carrières, comme celle de Zazie, de Gérald De Palmas, etc. " Côté sponsors, les indicateurs sont apparemment repassés dans le vert, après une annus horribilis 2012 qui avait concentré le départ de plusieurs marques pourtant jusqu'alors très fidèles, dont Spadel. Tout un symbole. Mais pour les organisateurs, tout cela n'était qu'un mouvement naturel et d'autres entreprises ont frappé à la porte, comme Intermarché cette année. Le succès de la 20e édition a finalement rassuré tout le monde. Et a permis de renflouer les caisses, en déficit de 421 590 euros pour la 19e. " Les comptes 2013 ne sont pas encore tout à fait clôturés, mais tendent vers l'équilibre, même si on ne fera pas de boni ", assure Charles Gardier. Reste à savoir si la mouture 2014 continuera sur la même lancée. Pour les Francos comme pour les autres festivals, le contexte devient de plus en plus concurrentiel et les budgets de plus en plus serrés. Conséquence des frais d'organisation qui augmentent, tout comme les cachets des artistes. En 2012, 926 515 euros y avaient été consacrés, contre 884 366 en 2011 et 764 164 l'année précédente. L'élément qui fera budgétairement la différence reste la fréquentation. " Cinq mille personnes de plus, cela ne se voit peut-être pas devant les scènes mais bien dans les comptes, confirme Charles Gardier. Même si nous avons un désavantage : nous sommes en ville, dans un lieu fermé. On ne peut pas pousser les maisons ! Quand c'est complet, c'est complet, à la différence des festivals qui se déroulent dans une prairie. " Si l'on en croit les tendances des préventes avancées par les organisateurs, la 21e édition des Francos seraient toutefois sur de bons rails. Merci qui ? Merci Stromae ! Par Mélanie Geelkens