A en croire les grands gestionnaires experts autoproclamés du MR, de la N-VA, de l'Open VLD et, accessoirement, du CD&V, leur gouvernement, débarrassé de la médiocrité laxiste et gauchiste de son prédécesseur, allait ramener les finances du pays sur une trajectoire budgétaire à faire pâlir de honte un missile de croisière. On allait voir ce qu'on allait voir ! Aujourd'hui que la présente législature tire à sa fin, ...

A en croire les grands gestionnaires experts autoproclamés du MR, de la N-VA, de l'Open VLD et, accessoirement, du CD&V, leur gouvernement, débarrassé de la médiocrité laxiste et gauchiste de son prédécesseur, allait ramener les finances du pays sur une trajectoire budgétaire à faire pâlir de honte un missile de croisière. On allait voir ce qu'on allait voir ! Aujourd'hui que la présente législature tire à sa fin, on a tout vu. Alors que l'équipe Di Rupo était parvenue à redresser un tant soit peu la barre, les grands maîtres de l'orthodoxie budgétaire ont fait exactement ce qu'ils ne cessaient de reprocher avec véhémence à leurs prédécesseurs : hypothéquer l'avenir des jeunes générations par un gonflement ininterrompu de la dette publique. Comme les années précédentes, la Commission européenne vient de juger leurs projets budgétaires insatisfaisants, prévoyant que la Belgique ne respectera pas le critère de réduction de sa dette publique, que son déficit structurel, en augmentation, atteindra 1,7 % du PIB en 2019 et qu'elle n'a aucune chance de pouvoir se conformer au Pacte de stabilité et de croissance. Pire, la Commission y découvre des surévaluations fallacieuses et un recours à des techniques comptables perverses, sans compter qu'elle émet aussi de sérieux doutes quant à la neutralité fiscale annoncée de la réforme de l'impôt des sociétés. Ce que l'on ne peut pas reprocher à l'actuel gouvernement, c'est un manque de constance dans ses dérapages et tromperies : son tax-shift boiteux n'est toujours pas entièrement compensé, ses prévisions en matière de recettes fiscales ont toujours été scandaleusement gonflées et, après avoir allongé le délai pour le retour à l'équilibre budgétaire, l'équipe Michel a " courageusement " fait disparaître cet objectif de sa feuille de route. Il est aujourd'hui avéré que les fiers-à-bras de la suédoise n'avaient rien à offrir et que, par leurs soins et malgré les incessantes coupes claires dans les dépenses de santé et de sécurité sociale, ils n'ont fait qu'aider les finances de la Belgique à dégringoler de plus belle.