"Le temps est à l'orage ", lançait Yves Leterme, le mardi 14 octobre à la tribune de la Chambre, en guise d'ouverture à son discours sur l' " état de l'Union ". Commentaire d'un haut fonctionnaire des Finances découvrant, effaré, les " à-peu-près " et les mensonges du budget de l'Etat pour 2009, tout...

"Le temps est à l'orage ", lançait Yves Leterme, le mardi 14 octobre à la tribune de la Chambre, en guise d'ouverture à son discours sur l' " état de l'Union ". Commentaire d'un haut fonctionnaire des Finances découvrant, effaré, les " à-peu-près " et les mensonges du budget de l'Etat pour 2009, tout nouveau, tout frais : " Tout le monde sait que lorsque le temps est à l'orage, ce n'est pas le moment d'ouvrir son parapluie : non seulement ce dernier se retourne au premier coup de vent mais, en plus, il attire la foudre. " En l'occurrence, pourtant, c'est bien ce qu'a fait le gouvernement au cours de son dernier exercice budgétaire : ouvrir son parapluie. Disons-le d'emblée. La confection du budget de l'Etat n'est pas une opération en chambre : elle dépend étroitement du contexte dans lequel elle se déroule. Et là, on est servi : temps de grosses turbulences, en effet. Par conséquent, on ne pouvait honnêtement pas s'attendre à ce que la copie remise par le gouvernement soit d'une netteté irréprochable, vierge de toute rature et tenant parfaitement compte de toutes les évolutions conjoncturelles à venir. Au c£ur de la crise financière, plus aucune prévision ne tient la route. Mais, en cette période chahutée, justement, la plus grande prudence aurait dû s'imposer. Il aurait suffi, pour cela, de quelques minutes de courage politique. Une qualité qui fait autant défaut, aujourd'hui, que les fruits d'une croissance désormais en berne. Pleins feux sur ces chiffres que l'on maquille et qui feront mal, demain. Isabelle Philippon