Aux abris, il n'y en a plus que pour lui. Le coronavirus gâche universellement la fête. En Flandre aussi, l'agenda des loisirs s'en trouve tout perturbé et l'on s'y attelle à limiter la casse, notamment touristique. 4,4 % du produit intérieur brut flamand et 260 000 postes de travail en jeu : le secteur est un poids lourd de la prospérité flamande. Maigre consolation dans le malheur ambiant alimenté par le mal venu de Chine : " L'Asie représente environ 1,5 % de nos nuitées, l'impact sur le secteur sera donc fort limité ", a pu rassurer au parlement flamand Zuhal Demir (N-VA), en charge du tourisme au sein du gouvernement Jambon (N-VA - Open VLD - CD&V). Les pros du tourisme régional comm...

Aux abris, il n'y en a plus que pour lui. Le coronavirus gâche universellement la fête. En Flandre aussi, l'agenda des loisirs s'en trouve tout perturbé et l'on s'y attelle à limiter la casse, notamment touristique. 4,4 % du produit intérieur brut flamand et 260 000 postes de travail en jeu : le secteur est un poids lourd de la prospérité flamande. Maigre consolation dans le malheur ambiant alimenté par le mal venu de Chine : " L'Asie représente environ 1,5 % de nos nuitées, l'impact sur le secteur sera donc fort limité ", a pu rassurer au parlement flamand Zuhal Demir (N-VA), en charge du tourisme au sein du gouvernement Jambon (N-VA - Open VLD - CD&V). Les pros du tourisme régional comme la ministre subodorent que, sauf mesures extrêmes, le touriste potentiel aura du mal à se résigner à ne pas faire ses valises. " Les gens veulent encore aller en vacances, mais plus près de chez eux ", explique Zuhal Demir. Du coup, changement de cap. Fini pour l'instant de faire de l'oeil au touriste d'Asie, pleins feux sur les voisins les plus proches. Les 250 000 euros affectés jusqu'ici par Toerisme Vlaanderen à séduire le client d'Extrême-Orient sont tout de go mobilisés pour draguer les amateurs du côté des Pays-Bas, de l'Allemagne, du Luxembourg, etc. Rien de tel qu'un peu de promo pour convaincre de venir se ressourcer et se détendre en terre flamande sans trop risquer sa santé. A défaut de parcourir encore le vaste monde, l'occasion peut être belle de goûter à des plaisirs simples, de (re)découvrir la beauté des paysages du plat pays ou de s'émerveiller devant la splendeur de ses trésors. A ce propos, il va aussi falloir songer à occuper les familles flamandes probablement condamnées à rester au bercail durant les vacances de Pâques. Pourquoi ne pas les inciter à programmer un petit week-end sympa pour aller admirer Van Eyck et son Agneau mystique superbement restauré, mis en vedette à Gand cette année ? Ou bien pédaler à travers la campagne limbourgeoise ? Ou prendre un bol d'air sur la magnifique vlaamse kust avec une étape à Ostende à partir de mai pour pousser la porte de la maison Ensor restée fermée pendant deux ans et demi ? Ce peut même être le moment de s'offrir une escapade à Venise, du Nord celle-là, où l'on commence à pleurer la perte de ses touristes asiatiques qui s'y font désormais plus rares. Bruges, waar Vlamingen weer thuis zijn : en quête de nouvelle clientèle, hôteliers, restaurateurs, cochers et conducteurs de barques ne diront pas non à ces touristes du cru. Comme quoi, il y a aussi de belles balades dans le coin. Zuhal Demir n'en doute pas et promet de faire plancher les autorités compétentes sur la façon de le faire savoir. Aubaine, le Flamand ne devrait pas être trop dur à convaincre de se rabattre sur son terroir. Interrogé, fin février dernier, par l'Agence flamande du patrimoine, il a massivement fait état de son intérêt pour les châteaux et de son amour pour les beaux paysages de Flandre, au point, pour huit sondés sur dix, de mettre au moins une fois par an à leur agenda la visite d'un monument. Matthias Diependaele, ministre N-VA de tutelle, s'en est félicité : " Le patrimoine lie, rend fier, forge notre identité flamande. " Si le vilain virus peut contribuer à doper sa prochaine bible, le " canon " historico-culturel en gestation, tout n'aura pas été perdu.