Après l'Expo 58, Braine-l'Alleud a accueilli quelques années la Belgique Miniature sur le site occupé désormais par le stade Gaston Reiff. Depuis février, le bourgmestre de la commune brainoise, Vincent Scourneau (MR), n'a qu'une envie : abriter le site Mini-Europe près de la butte du Lion, " dans un esprit de continuité avec l'exposition Belgique Miniature que comptait la ville il y a un peu plus de 50 ans ". La proposition d'héberger les monuments européens miniatures, actuellement implantés sur le site du Heysel, a été formulée auprès du propriétaire du parc d'attractions, qui n'a encore rien décidé.
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Après l'Expo 58, Braine-l'Alleud a accueilli quelques années la Belgique Miniature sur le site occupé désormais par le stade Gaston Reiff. Depuis février, le bourgmestre de la commune brainoise, Vincent Scourneau (MR), n'a qu'une envie : abriter le site Mini-Europe près de la butte du Lion, " dans un esprit de continuité avec l'exposition Belgique Miniature que comptait la ville il y a un peu plus de 50 ans ". La proposition d'héberger les monuments européens miniatures, actuellement implantés sur le site du Heysel, a été formulée auprès du propriétaire du parc d'attractions, qui n'a encore rien décidé. " J'ai reçu beaucoup de sollicitations ", explique Thierry Meeus, le propriétaire du parc. Les demandes ne proviennent pas seulement de Belgique mais du monde entier. " Dinant, Braine-l'Alleud et plusieurs villes flamandes sont intéressées par le projet, ainsi que trois villes étrangères. Pour l'instant, je dégrossis et étudie les candidatures spontanées, mais je dois bien évidemment prendre une décision au plus vite. "Et pour cause, le temps presse. Le site de Mini-Europe fermera ses portes à Bruxelles le 31 août 2013 et, dès le mois de septembre, les monuments devront quitter l'emplacement pour gagner leur nouveau site. " Nous n'aurons pas de délai supplémentaire, car la Ville veut commencer le chantier du projet Neo (1) dès janvier 2014 ", ajoute l'administrateur délégué de Mini-Europe et Océade. Selon les plans de Vincent Scourneau, Mini-Europe prendrait place non loin de la butte du Lion, mais pas directement dessus. " Le champ de bataille est un centre d'intérêt à lui tout seul. Venir y installer à proximité les infrastructures de Mini-Europe permettrait de créer un pôle d'attractivité plus dense, avec un plan d'investissement global ", complète le maïeur. Concrètement, la zone ciblée se trouve en dehors du périmètre du champ de bataille, lui-même protégé par la loi de 1914 qui y interdit toute construction. " La zone qui nous intéresse est celle du PCA Haute Borne, à proximité du parc à conteneurs de Braine-l'Alleud et de la route de Piraumont. "Le bourgmestre libéral a pensé à tout. Son " masterplan " évite les complications juridiques liées au terrain classé et échappe aux éventuels veto des associations communales. " Je ne tiens pas à offenser les anciens combattants en créant un projet qui dénature la symbolique du site, rassure-t-il. Si beaucoup pensent qu'on va installer les attractions directement en bas de la butte, ils se trompent. Mon idée est de faire construire deux buttes, en plus de celle déjà existante, pour délimiter le contournement de la zone classée du champ de bataille de Waterloo. Cela permettra de s'approprier les trois hectares de terrain situés derrière ces deux futures buttes pour y héberger le site de Mini-Europe. Nous comptons les mettre à un endroit où l'on verrait la butte dans le champ visuel, mais pas sur le champ de bataille même. " Ce que regrette Thierry Meeus : " Je trouve dommage que les attractions ne soient pas implantées au pied de la butte du Lion car le tourisme wallon manque de vision touristique sur les autres pôles. "Derrière le projet du bourgmestre brainois se cache une envie bien précise : retenir le touriste davantage de temps sur le site au lieu de le laisser s'envoler vers un autre pôle touristique belge. " Habituellement, les gens qui viennent à la butte du Lion restent une heure ou deux, poursuit Vincent Scourneau. L'enjeu est d'y compléter le paysage touristique avec Mini-Europe pour les retenir un jour ou deux, en mettant aussi à leur disposition un hôtel minimum trois étoiles sur le site du parc de l'Alliance. "Si les monuments de Mini-Europe viennent s'installer du côté de Braine, doit-on craindre une certaine concurrence entre les deux projets ? De nature très différente, les sites ont des volumes de fréquentation comparable. La butte du Lion, site historique mondialement connu, comptabilise entre 200 000 et 300 000 visiteurs à l'année, tandis que Mini-Europe, parc d'attractions grand public, enregistre 300 000 entrées annuelles. Vont-ils s'aditionner ? " S'il s'installe à Braine-l'Alleud, Mini-Europe sera bénéfique pour tout le Brabant wallon ", explique Pierre Coenegrachts, directeur général adjoint de l'Office de promotion du tourisme (OPT) de Wallonie et de Bruxelles. Il ne croit pas vraiment à la concurrence entre les deux emplacements : " Ce sont des lieux qui accueillent le même type de public : autant des écoles que des visiteurs européens et internationaux. Il est vrai que la butte du Lion est davantage un endroit historique, mémorable, alors que Mini-Europe est plus un parc de loisirs, mais je pense qu'ils vont se compléter et se renforcer mutuellement. "Là où la complémentarité pourrait se renforcer le plus, c'est au sujet de l'Europe. " C'est sur le site de la bataille, après celle de Waterloo, que la première mouture de l'Europe a été créée. Il y a donc une thématique commune avec Mini-Europe qui reprend les grands monuments emblématiques de l'Union européenne ", poursuit Pierre Coenegrachts. Mais une telle coopération ne sera efficace et optimale que si l'opérateur du site met en place une certaine interactivité. " Il faudra prévoir des renvois de l'un à l'autre dans une optique didactique et pédagogique, proposer un billet pour la journée en groupant les deux emplacements, mettre en commun la communication, la promotion de produits, etc. " Autre piste à méditer : développer les infrastructures d'accueil et les hôtels des villes voisines où pourront séjourner les visiteurs. Avec un tourisme d'affaires fort en semaine, la Wallonie a tout intérêt à parier sur un tourisme de loisirs qui prendrait place le week-end. Mais le pari de Mini-Europe n'est pas encore gagné, même s'il a reçu le soutien de la Province, de l'Intercommunale du Brabant wallon (IBW) et du président de la Chambre André Flahaut (PS). Reste à convaincre le propriétaire du parc, qui annoncera son choix dans les prochaines semaines. Et à vérifier si toutes les parties en présence seront capables de s'accorder au service d'intérêts communs. A mesurer le temps qu'il a fallu pour aboutir à la rénovation du site du Lion (lire page 92), on est encore loin du compte. (1) En février dernier, le gouvernement bruxellois donnait son feu vert au projet Neo, un vaste complexe d'activités économiques au Heysel. Concrètement, le site va accueillir un centre de congrès de 3 500 places, une salle de concert de 15 000 places (sur le site de l'actuel palais 12), une zone de loisirs de 15 000 m2, des espaces verts, 750 logements et trois zones commerciales de 70 000 m2. A noter également : la façade du stade de football sera rénovée. Enfin, le parking de surface disparaît au profit d'un sous-terrain. Le projet devrait créer 3 000 emplois directs. ANNABELLE DUAUTL'envie de retenir le touriste plus longtemps sur le site