" C'est toi le boxeur ? " avait demandé l'individu avant de lui mettre son poing dans la figure et de lui coller trois balles dans le buffet. En 1932, dans un bal à Villeurbanne, l'assassinat de Di Mauro, boxeur moyen mais fasciste d'élite, devient un enjeu politico-médiatique....

" C'est toi le boxeur ? " avait demandé l'individu avant de lui mettre son poing dans la figure et de lui coller trois balles dans le buffet. En 1932, dans un bal à Villeurbanne, l'assassinat de Di Mauro, boxeur moyen mais fasciste d'élite, devient un enjeu politico-médiatique. OEil vif et moustache conquérante, la police française enquête. Les Chemises noires fulminent : l'Italie fait d'Antonio Di Mauro l'un de ses héros, un martyr. Pendant ce temps, parvenu au summum de la puissance, à la plénitude de son être, Benito Mussolini savoure l'engouement dont il est l'objet. " Du-ce ! Du-ce ! Du-ce ! " Les temps lui sourient, seul le Führer lui fait de l'ombre. " Moi, expliquait-il à sa maîtresse, j'étais raciste dès 1921 ! Je ne sais pas comment on peut imaginer que j'imite Hitler qui n'était pas encore né ! Y m'font rire ! On a besoin de donner le sens de la race aux Italiens. " Dans le genre particulier du roman d'histoire, dont il est un éminent spécialiste, Philippe Videlier ( Nuit turque, Dernières nouvelles des bolcheviks) croque Mussolini dans sa folie, son narcissisme triomphant : poète, peintre, chaud lapin et dictateur. Des années 1930 jusqu'à la mort du Duce, la précision documentaire le dispute à la farce bouffonne. Avec tambours, trompettes, fifres et oriflammes, une reconstitution passionnante et féroce.