On ne connaît pas précisément les causes de la fatigue extrême, typique du cancer et de ses traitements lourds, et les explications diverses et variées avancées par les spécialistes sont loin d'être toutes étayées par des données convaincantes. Certains incriminent l'anémie, qui pourrait par exemple avoir un rôle à jouer lorsqu'une atteinte de la moelle osseuse vient ralentir la formation des globules rouges. D'autres évoquent plutôt l'énergie et les matières premières absorbées par les cellules qui prolifèrent ou les déchets de cellules malades ou détruites qui envahissent l'organisme. Chimiothérapie, radiothérapie, chirurgie et médicaments biologiques assènent à l'organisme un coup supplémentaire, qui contribuera à déséquilibrer encore un peu plus son fonctionnement normal tout en faisant des dégâts dans les tissus sains... et ne parlons même pas de l'impact du stress, de l'anxiété, des inquiétudes face à l'avenir qui perturbent les nuits, etc.
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On ne connaît pas précisément les causes de la fatigue extrême, typique du cancer et de ses traitements lourds, et les explications diverses et variées avancées par les spécialistes sont loin d'être toutes étayées par des données convaincantes. Certains incriminent l'anémie, qui pourrait par exemple avoir un rôle à jouer lorsqu'une atteinte de la moelle osseuse vient ralentir la formation des globules rouges. D'autres évoquent plutôt l'énergie et les matières premières absorbées par les cellules qui prolifèrent ou les déchets de cellules malades ou détruites qui envahissent l'organisme. Chimiothérapie, radiothérapie, chirurgie et médicaments biologiques assènent à l'organisme un coup supplémentaire, qui contribuera à déséquilibrer encore un peu plus son fonctionnement normal tout en faisant des dégâts dans les tissus sains... et ne parlons même pas de l'impact du stress, de l'anxiété, des inquiétudes face à l'avenir qui perturbent les nuits, etc. Présente quasi en permanence, elle domine complètement la vie du patient, qu'elle affecte sur le plan aussi bien physique qu'émotionnel ou intellectuel. Même lire, réfléchir ou rester concentré devient une épreuve et la moindre activité semble drainer rapidement ce qui lui reste de forces. Heureusement, la sensation d'épuisement tend à reculer après la fin du traitement chez la majorité des patients... mais elle peut aussi traîner pendant des mois voire des années après le traitement chez 20 à 40 % d'entre eux. On s'imagine souvent que la fatigue associée aux maladies oncologiques est inéluctable, mais c'est faux. Inutile toutefois de chercher le salut dans les médicaments, qui semblent n'avoir guère ou pas d'effet, d'autant que la plupart des patients cancéreux en prennent déjà beaucoup... Chaque produit supplémentaire accroît le risque d'effets indésirables et d'interactions avec d'autres traitements. Mieux vaut donc limiter leur nombre autant que possible. Les programmes de soutien psychologique ou de motivation semblent déjà plus efficaces, mais l'approche qui sort vraiment du lot et permet d'améliorer la fatigue chez 40 à 50 % des patients est tout simplement de... bouger davantage. (1,2) Souvent considéré comme une source de fatigue supplémentaire, l'exercice a en réalité l'effet inverse, puisqu'il permet justement aux patients de se sentir plus forts et plus assurés. Nos muscles ne servent en effet pas uniquement à nous mettre en mouvement : ce sont de véritables organes capables de produire une foule d'hormones et d'autres substances qui ont un effet salutaire sur notre niveau d'énergie et sur notre bien-être ! Bouger améliore même les chances de guérison et abaisse le risque de rechute, même si le sport ne suffit évidemment pas à lui seul à guérir le cancer. Les patients cancéreux auront néanmoins tout intérêt à s'inscrire à l'un des programmes d'exercice organisés à leur intention dans nombre d'hôpitaux ou à ceux que propose un peu partout dans notre pays la Fondation contre le Cancer. (3) L'exercice peut être pratiqué en toute sécurité au cours de la majorité des traitements oncologiques et même après des thérapies lourdes voire franchement dangereuses telles qu'une greffe de moelle osseuse. Le risque de lésions ou d'autres problèmes associés au sport n'est pas plus élevé chez les patients cancéreux que chez le commun des mortels. (4) De l'exercice peut être impossible à certains moments du traitement, tant la fatigue est intense. Ne vous en voulez pas, et attendez des jours meilleurs pour réaliser un exercice à votre portée, comme un petit tour du quartier. Même un effort de courte durée peut déjà porter ses fruits. Pas besoin de marcher ou de pédaler pendant des heures : efforcez-vous surtout de bouger le plus possible dans le décours de vos activités quotidiennes et de varier les formes d'exercice. Un programme d'exercice doit toujours tenir compte des possibilités et limites individuelles. Un accompagnement n'est généralement pas nécessaire pour faire un peu plus de marche, de vélo ou de natation que d'habitude, mais si vous envisagez de vous lancer dans une discipline plus intensive, mieux vaut vous adresser à un thérapeute expérimenté conscient des points d'attention et capable de vous donner des conseils spécifiques. Demandez conseil à votre oncologue, en particulier si vous prenez des traitements cardiotoxiques (anthracyclines, taxanes, trastuzumab, etc.). Leurs effets peuvent perdurer jusqu'à 2 ans après la fin du traitement. L'entraînement de force est un excellent remède à la fatigue, car il rend leur tonus aux muscles affaiblis. Attention, toutefois : comme il est relativement technique, il est recommandé de vous faire encadrer par un spécialiste. Enfin, n'oubliez pas les bienfaits de la nature : une promenade ou l'observation des oiseaux et des insectes sont autant d'activités susceptibles de détourner votre attention de la maladie, de vous apaiser, de recréer un lien avec la vie qui vous entoure et, ainsi, d'alléger la fatigue. référence www.bodytalk.be TEXTE JAN ETIENNE" L'exercice et le sport peuvent se pratiquer en toute sécurité, même après un traitement lourd voire dangereux. "