Le CSS est un organe consultatif, créé en 2007 et composé de chercheurs. Il est systématiquement consulté, entre autres, pour les adaptations de recommandations vaccinales. Son rapport de décembre 2007 recommandait de procéder à une vaccination générale annuelle des fillettes âgées de 10 à 13 ans. L'avis positif du Conseil supérieur de la santé se ménage aussi une porte de sortie. Dans le rapport où l'on recommande une vaccination générale avec le Gardasil et le Cervarix, on peut lire que " les effets d'une vaccination systématique des jeunes filles préadolescentes ne seront visibles q...

Le CSS est un organe consultatif, créé en 2007 et composé de chercheurs. Il est systématiquement consulté, entre autres, pour les adaptations de recommandations vaccinales. Son rapport de décembre 2007 recommandait de procéder à une vaccination générale annuelle des fillettes âgées de 10 à 13 ans. L'avis positif du Conseil supérieur de la santé se ménage aussi une porte de sortie. Dans le rapport où l'on recommande une vaccination générale avec le Gardasil et le Cervarix, on peut lire que " les effets d'une vaccination systématique des jeunes filles préadolescentes ne seront visibles que dans un délai de 20 à 30 ans ". On y trouve aussi la phrase suivante : " Parce que les vaccins HPV ne sont disponibles que depuis peu de temps, on ne peut pas pour l'instant dire avec certitude combien de temps dure la protection et si une vaccination de rappel est nécessaire après un certain temps. " Bref, tous les experts le reconnaissent : personne ne sait combien de temps les jeunes filles vaccinées resteront protégées. Selon les prévisions les plus négatives, il faudrait un rappel après six ans. Cela signifierait que GlaxoSmithKline et Sanofi Pasteur MSD passeront encore une fois à la caisse. Il ressort des documents que nous avons pu consulter que quatre des cinq membres du groupe de travail qui a préparé l'avis du CSS sur le Gardasil et le Cervarix sont ou ont été consultants ou chercheurs rémunérés par GlaxoSmithKline ou Sanofi Pasteur MSD. Pourtant, ils ont tous les cinq signé la déclaration de conflit d'intérêts exigée par le Conseil supérieur de la santé, une déclaration par laquelle ils affirment pouvoir agir en toute indépendance dans ce dossier. " Ces gens ont été choisis pour leur expertise dans ce domaine, tout en sachant que ceci pouvait donner lieu à des conflits d'intérêts, réagit Katty Cauwerts, secrétaire scientifique du CSS. Jusqu'à un certain point, c'est inévitable. Il faut aller chercher les données là où elles se trouvent. " Mais si le fait de conseiller l'industrie pharmaceutique contre paiement et le fait de participer aux travaux du CSS ne sont pas considérés comme constitutifs d'un conflit d'intérêts, qu'est-ce qui peut l'être ? " Le groupe de travail permanent "Vaccination" du CSS a évalué le rapport des cinq experts d'un point de vue critique et l'a remanié. Nous ne voyons aucune raison de supposer que la conclusion du rapport n'aurait pas été élaborée en toute honnêteté et objectivité. " A l'étranger, on semble montrer une confiance moins aveugle dans l'intégrité des conseillers publics. A la mi-octobre, l'Inspection néerlan-daise des soins de santé a procédé à des perquisitions dans les deux entreprises qui produisent des vaccins contre le cancer du col de l'utérus. Elles sont soupçonnées d'avoir violé les lois sur le marketing. Des membres du Conseil supérieur de la santé néerlandais auraient reçu de GlaxoSmithKline et de Sanofi Pasteur MSD de l'argent qui était destiné à la recherche. J.V.B.