Début août, ce fut la fête à Belgium : le village, qui compte moins de 2 000 habitants, accueillait des visiteurs de marque, parmi lesquels Octavie Modert, ministre de la Culture du grand-duché de Luxembourg. La raison de cette visite fut l'inauguration du " Luxembourg American Cultural Center ", ancienne ferme ayant appartenu à des immigrés luxembourgeois et qui a été entièrement transformée aux fins d'aménager un musée. Ce dernier, qui fait aussi office de centre culturel, retrace l'histoire du Grand-Duché, l'immigration des Luxembourgeois aux Etats-Unis et leur implantation sur le continent américain.
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Début août, ce fut la fête à Belgium : le village, qui compte moins de 2 000 habitants, accueillait des visiteurs de marque, parmi lesquels Octavie Modert, ministre de la Culture du grand-duché de Luxembourg. La raison de cette visite fut l'inauguration du " Luxembourg American Cultural Center ", ancienne ferme ayant appartenu à des immigrés luxembourgeois et qui a été entièrement transformée aux fins d'aménager un musée. Ce dernier, qui fait aussi office de centre culturel, retrace l'histoire du Grand-Duché, l'immigration des Luxembourgeois aux Etats-Unis et leur implantation sur le continent américain. Tandis que le Grand-Duché est depuis belle lurette une terre d'immigration, attirant un nombre toujours plus important d'étrangers sur son territoire du fait de son niveau de vie élevé et d'un marché du travail attractif - à l'heure actuelle, près de 43 % des résidents sont de nationalité étrangère -, l'on a tendance à oublier que le Luxembourg était, il y a deux siècles encore, une contrée pauvre et rurale. Des milliers de personnes décidèrent à l'époque de franchir l'Atlantique dans l'espoir de trouver une vie meilleure. Certaines s'établirent en Amérique du Sud, notamment au Brésil et en Argentine, d'autres s'installèrent au nord, en particulier dans la région de Chicago, favorisée par l'extension du réseau ferroviaire. Une première vague d'arrivées en provenance du Luxembourg eut lieu dans les années 1830 et 1840, l'immigration se poursuivant tout au long du xixe siècle. La perspective de bénéficier de terres arables bon marché attirait alors de nombreux émigrés décidés à quitter le continent européen. Dès 1845, un certain nombre de familles luxembourgeoises choisirent de s'installer dans le comté d'Ozaukee, dans le Wisconsin, à proximité du lac Michigan. Trois ans plus tard, tandis que le Wisconsin hérita du statut d'Etat fédéral, ces pionniers choisirent de donner le nom de Belgium à leur nouvelle localité, étant donné qu'ils venaient pour la plupart du sud de la Belgique, désormais coupé en deux à la suite de la révolution de 1830 et de l'indépendance accordée neuf ans plus tard au Grand-Duché par les grandes puissances. En dépit de ces soubresauts politiques, les émigrés de Belgium gardèrent des liens étroits avec leur patrie, tant sur le plan culturel que linguistique. En 2007, un film intitulé Luxembourg, USA sortit sur les écrans grand-ducaux : réalisé par Christophe Wagner, ce long-métrage tourné sous forme de documentaire fut très bien accueilli par la critique. Le film fut lancé sur une idée du producteur bruxellois Willy Perelsztejn, dont un précédent documentaire sur la Seconde Guerre mondiale au Grand-Duché avait déjà permis d'établir un record d'affluence dans les salles de cinéma. De nos jours, Belgium compte encore des descendants de Luxembourgeois. Le 14 août décédait ainsi Donald J. Schommer, maire du village pendant près de vingt ans et dont les ancêtres avaient quitté le Luxembourg pour venir s'y installer. En raison de son état de santé, il n'avait pu participer au " Luxembourg American Cultural Weekend 2010 ", lors duquel eut lieu l'inauguration du nouveau musée. LAURENT MOYSEbelgium compte encore des descendants de luxembourgeois