Le Vif/L'Express : A l'approche des élections, votre actualité, c'est la création d'un label " Friteries de chez nous ", peu de temps après avoir lancé les " Bistrots de terroir ". C'est pour surprendre et faire parler de vous ?

> Benoît Lutgen : Je comprends que cela puisse paraître gadget, mais cela va bien au-delà. Les friteries et les bistrots, ce sont des endroits de vie, des endroits de proximité, tout comme les boulangeries ou les boucheries avec lesquelles j'ai aussi mené des actions. Dans un village qui se meurt, ou qui n'est plus qu'un dortoir, le café peut contribuer à garder un lien social. Il faut en tout cas tout faire pour cela, car la vie n'a de sens que par rapport aux autres. Ces endroits sont également importants pour le premier accueil des touristes.
...

> Benoît Lutgen : Je comprends que cela puisse paraître gadget, mais cela va bien au-delà. Les friteries et les bistrots, ce sont des endroits de vie, des endroits de proximité, tout comme les boulangeries ou les boucheries avec lesquelles j'ai aussi mené des actions. Dans un village qui se meurt, ou qui n'est plus qu'un dortoir, le café peut contribuer à garder un lien social. Il faut en tout cas tout faire pour cela, car la vie n'a de sens que par rapport aux autres. Ces endroits sont également importants pour le premier accueil des touristes. >Il faudrait effectivement que le CDH arrive en 4e position chez moi pour que je ne sois pas élu. Pour la suite, cela dépendra du choix de l'électeur, mais si c'est possible, mon choix est de rester ministre wallon, avec les mêmes compétences, qui me conviennent parfaitement, qui sont celles de ma région. > J'ai beaucoup d'admiration pour mon suppléant, André Bouchat, bourgmestre de Marche. Croyez-moi, je ferai tout pour rester ministre et qu'il puisse encore siéger à Namur. Mais mon opinion, strictement personnelle, est qu'il faut revoir notre système électoral, supprimer la case de tête ainsi que les suppléances. Serait élu celui ou celle qui a fait le meilleur score. Et s'il doit être remplacé, par exemple parce qu'il devient ministre, il doit l'être par le deuxième meilleur score. C'est plus clair, et plus juste. > On pourrait organiser une forme de cooptation, d'élection indirecte, s'il faut respecter un équilibre géographique, ou pour ne pas se priver de gens dont les compétences sont particulièrement utiles. > Je suis favorable à des élections couplées, les européennes, les fédérales et les régionales en même temps, avec interdiction de se présenter sur deux listes. Celui qui se présente à un niveau s'engage à y rester, cela permettra plus de clarté. Parce que, aujourd'hui en Belgique, on mélange tout. En 2007, nous avons connu une élection fédérale, avec des thèmes régionaux. C'étaient les scandales dans les sociétés de logements sociaux ou les affaires de Charleroi. En 2009, nous risquons de connaître l'inverse, avec une campagne axée sur la crise, le renflouement des banques, etc. > Pour Pierre Migisha, c'est un choix personnel. Il prend le risque de quitter RTL alors qu'il n'est pas sûr du tout d'être élu. A l'Europe, en étant 4e, sûrement pas, et à Bruxelles, en 11e position, il est à une place de combat. C'est courageux. En ce qui concerne Anne, je comprends qu'elle préfère l'Europe au Sénat, qui est moins visible, qui est une chambre de réflexion, avec des missions particulières. Par contre, choisir l'Europe, je peux aussi comprendre, et moi cela m'aurait passionné. C'est l'Europe qui donne le ton à la terre entière en matière d'environnement, de réduction du CO2... Il faut continuer à aller de l'avant. Par contre, en matière d'agriculture, il faut des députés européens pour freiner la politique ultralibérale actuelle de la Commission. De tous les membres de la Commission, y compris le commissaire belge Louis Michel, qui tente de se refaire une virginité. > La semaine dernière, un éleveur de bovins de ma région de Bastogne (nous sommes en pleine terre d'élevage) est venu me trouver. Il a deux enfants de 13 et 14 ans. Il m'a demandé, les larmes aux yeux, ce qu'il devait faire : tout arrêter, ou au contraire investir ? Que lui répondre ? Aujourd'hui, si l'Europe en vient à supprimer les taxes à l'importation sur la viande argentine, celle-ci coûtera deux fois moins cher que la viande européenne. Nous ne pourrons jamais être compétitifs dans un marché mondialisé, avec des terres bien moins étendues qu'en France ou en Pologne, et avec des contraintes sociales et environnementales dont les autres sont dispensés. Ce n'est pas tenable. C'est pourquoi nous devons apporter une plus-value importante à nos produits, par exemple avec une labellisation " bio ", ou " sans OGM ". D'où l'importance du travail au Parlement européen, car l'Europe fait le contraire de ce qu'elle prône. Dans la crise financière, puis économique, que nous subissons pour le moment, l'Europe comme tout le monde a parlé de la nécessité de réguler, d'encadrer les banques. Pour l'agriculture, elle veut complètement libéraliser, supprimer les taxes à l'importation sur la viande, ou supprimer les quotas laitiers. Avec les OGM, c'est encore la même chose. Les multinationales qui vendent les semences génétiquement modifiées vont tenir le marché, comme les banques l'ont fait. Nous sommes en train d'organiser notre dépendance, ça ne va pas ! > Si c'était cela mon plan personnel, je me serais présenté aux élections européennes, ce qui m'aurait permis d'avoir une plus large visibilité. J'ai vraiment envie de poursuivre ce que je fais, mais c'est vrai que je connais bien les assises locales du parti, puisque j'en ai été le secrétaire général. J'en connais tous les présidents d'arrondissement. Et puis il existe d'autres hypothèses : je pourrais aussi devenir un député de l'opposition, j'ai eu l'occasion d'apprécier le travail des parlementaires, de tous les partis. > Les jeux sont très ouverts, mais on va sans doute vers une tripartite. PS et MR se sont trop tapés dessus, pour gonfler leur fan club, exciter les foules et occuper le terrain. C'est difficile de les imaginer gouverner ensemble, à deux. Quoique ! Ce sont aussi les meilleurs ennemis du monde, regardez comment cela se passe dans les provinces... Moi en tout cas ce que je souhaite, c'est être dans une équipe dont les membres travaillent ensemble, sur la base d'une DPR (Déclaration de politique régionale) forte, pour cinq ans. > Je pense que j'ai eu plus d'ami(e)s qui ont voté pour moi que Magnette. Je ne dirais pas que cela ne m'a pas fait plaisir, mais bon... Je suis en effet célibataire, mais, pour l'instant, je suis ministre, à 100 %, et cela n'arrange pas ma vie privée. ENTRETIEN : MICHEL DELWICHE; M. D.