Scène de la vie quotidienne à Sderot, dans le sud d'Israël, le 8 janvier au matin. Une sirène hurle, il reste 15 secondes pour se mettre à l'abri. Les automobilistes se glissent sous leurs voitures. Le contenu d'un car de parlementaires européens, dont le député fédéral Denis Ducarne (MR), se déverse dans la cave d'une sorte d'Abribus bétonné. Une minute plus tard, ils en ressortent sains et saufs. Entre la puissance de feu israélienne déployée à Gaza depuis le 27 décembre 2008 (plus de 900 morts) et les tirs incessants du Hamas sur Sderot (10 morts en huit ans), il n'y a pas photo.
...

Scène de la vie quotidienne à Sderot, dans le sud d'Israël, le 8 janvier au matin. Une sirène hurle, il reste 15 secondes pour se mettre à l'abri. Les automobilistes se glissent sous leurs voitures. Le contenu d'un car de parlementaires européens, dont le député fédéral Denis Ducarne (MR), se déverse dans la cave d'une sorte d'Abribus bétonné. Une minute plus tard, ils en ressortent sains et saufs. Entre la puissance de feu israélienne déployée à Gaza depuis le 27 décembre 2008 (plus de 900 morts) et les tirs incessants du Hamas sur Sderot (10 morts en huit ans), il n'y a pas photo. Face à l'opinion internationale, l'homme de la rue israélien le pressent et s'en désole. " On ne sait jamais où vont tomber les roquettes, témoigne le maire de Sderot, David Buskila. Sur le plan psychologique, c'est exténuant. Un quart de notre population a quitté la région. Je ne suis pas là pour m'excuser. Je sais qu'il y a de la souffrance des deux côtés. Mais nos soldats se battent pour la survie d'Israël. Nous avons besoin de tous nos amis dans le monde. Nous défendons notre vie. " A ses côtés, l'un des porte-parole de l'armée israélienne, Olivier Rafovitch, a l'air fatigué et en colère. " C'est un fantastique jeu de manipulation, explose-t-il. Si vous avez beaucoup de victimes, vous allez gagner la guerre ! Le Hamas se sert des civils comme de boucliers humains. L'un de ses QG se trouvait sous le service pédiatrique d'un hôpital. Des munitions sont entassées dans des mosquées et des écoles. C'est le même modus operandi qu'en Afghanistan et en Irak. "Un promontoire domine Sderot, avec vue sur Gaza. Il est séparé du petit territoire palestinien par une vallée où roulent tranquillement des camions. A la jumelle, on distingue l'entassement des immeubles en béton de Gaza-ville vers lesquels rampent les chars israéliens. Un chasseur lance un missile. Une colonne de fumée, suivie du bruit de l'explosion, signale qu'un objectif a été touché, sans doute avec une précision millimétrique. Pas comme les engins du Hamas et du Djihad islamique qui s'entassent dans le " cimetière des roquettes " de la police de Sderot. Ils font plus de dégâts matériels qu'humains. La défense civile passive israélienne est au point : toitures au-dessus des terrains de sport des écoliers, fenêtres des bâtiments publics protégées contre les éclats de verre, chapelets d'abris en dur, communications bien rodées avec les habitants, etc. " Les vieilles personnes n'entendent pas toujours les sirènes et on ne peut pas avoir en permanence un £il sur les enfants ", tempère cependant Olivier Rafovitch. Jusqu'à quand les Israéliens seront-ils - ou se sentiront-ils - protégés ? Avec des armes plus sophistiquées, le Hamas, qui règne sans partage sur Gaza depuis 2007, pourrait théoriquement atteindre un million d'habitants dans le sud d'Israël. Planté sur le monticule de Sderot, un capitaine réserviste désigne les cibles à portée de mortier : la ville côtière d'Ashkelon (109 000 habitants), le port d'Ashdod (208 000 habitants), les usines de microprocesseurs Intel, le plus gros investissement privé d'Israël (4,5 milliards de dollars), à Kyriat Gat. " Ce sont les gens que nous défendons ! " clame-t-il. Si, au Nord, le Hezbollah libanais s'y mettait - ce qui n'est pas le cas - un autre million d'Israéliens vivraient sous la menace permanente d'un feu venu du ciel. En Cisjordanie, au siège de l'Autorité palestinienne, Rafiq Husseini, chef de cabinet du président Mahmoud Abbas (Fatah, opposé au Hamas), répond en écho : " Ceci n'est pas la réaction d'un pays civilisé. "De notre envoyée spéciale; Marie-Cécile Royen