Le Vif/L'Express : Au début de votre mandat, vous aviez émis le souhait que les instructions, même les plus difficiles, durent deux ans. Espoir déçu ?

Christian De Valkeneer : L'objectif des deux ans est toujours le mien. Je me suis attaqué en premier à ce sur quoi j'avais une maîtrise : le temps mis par le parquet pour tracer ses réquisitions après communication du dossier par le juge d'instruction. Fin 2012, j'ai pris une directive prescrivant une durée maximale de quatre mois, sauf dossier particulièrement volumineux et/ou complexe. Je pense que l'on est sur la bonne voie puisque, au 10 juillet 2012, 49 % des dossiers en attente de réquisitions finales dans les cabinets...

Christian De Valkeneer : L'objectif des deux ans est toujours le mien. Je me suis attaqué en premier à ce sur quoi j'avais une maîtrise : le temps mis par le parquet pour tracer ses réquisitions après communication du dossier par le juge d'instruction. Fin 2012, j'ai pris une directive prescrivant une durée maximale de quatre mois, sauf dossier particulièrement volumineux et/ou complexe. Je pense que l'on est sur la bonne voie puisque, au 10 juillet 2012, 49 % des dossiers en attente de réquisitions finales dans les cabinets des magistrats des parquets du ressort y étaient depuis plus de quatre mois. Au 10 janvier 2014, il n'y avait plus que 36 % des dossiers en attente depuis plus de quatre mois. En ce qui concerne la durée des instructions, celle-ci n'a pas diminué entre 2012 et janvier 2014. On se heurte ici à l'indépendance du juge d'instruction et le parquet n'a guère que sa force de conviction. Reste la chambre des mises en accusation. Pour résumer, pas d'espoir déçu mais une route qui reste longue. La justice est une chaîne dont les maillons sont indépendants les uns des autres. Sans préjuger de leur contenu, ma volonté est que les instructions puissent aboutir dans les meilleurs délais. Je m'y attache. D'une manière générale, j'aime que les choses avancent. C'est dans l'intérêt de la justice et des personnes mises en cause. Je n'ai jamais admis le principe des affaires prudentes pour la justice. Celle-ci doit continuer son travail, sans mettre le grand braquet ni lever le pied pendant six mois parce qu'on est à la veille d'une échéance électorale. Si c'était le cas, on nous reprocherait soit de ne pas aimer un parti politique, soit, au contraire, de le protéger. On n'est pas tenu par ce type de calendrier. Le contrôle de l'instruction repose sur la chambre des mises en accusation, qui peut se saisir d'office et demander un rapport au juge d'instruction. Celui-ci ne peut, en effet, être contrôlé par d'autres juges, en vertu de la séparation des pouvoirs, et non par le ministère public. Mais le parquet peut demander à la chambre des mises de procéder à un tel contrôle. Je n'exclus pas de le faire, le cas échéant. Car, aujourd'hui, les choses traînent. Mon sentiment ne porte pas sur un dossier en particulier. Il peut y avoir des raisons objectives à cette lenteur : la disponibilité des enquêteurs de la police fédérale, par exemple, mais ce n'est pas une fatalité. C'est le procureur du roi de Liège qui doit faire en sorte que les dossiers dont il a le suivi soient traités dans un délai convenable. Entretien : M.-C.R." La lenteur peut avoir des raisons objectives, mais elle n'est pas une fatalité "