Marchands de concepts politiques et gourous de la com prennent le pouvoir et investissent les joutes électorales. Ils persuadent partis et candidats de pouvoir augmenter leurs scores en soumettant leurs campagnes aux canons de la publicité commerciale. Au diable la bataille des idées : rien de tel que la valeur ajoutée émotionnelle pour ...

Marchands de concepts politiques et gourous de la com prennent le pouvoir et investissent les joutes électorales. Ils persuadent partis et candidats de pouvoir augmenter leurs scores en soumettant leurs campagnes aux canons de la publicité commerciale. Au diable la bataille des idées : rien de tel que la valeur ajoutée émotionnelle pour secouer l'apathie qui gagne l'électeur consommateur et combler la perte de son lien affectif avec un parti. Economique, sociale, budgétaire, la crise des années 1980 est sur toutes les lèvres et dans tous les esprits, mais les promesses faites à l'électeur sont unanimes : ça ira mieux demain. L'affiche se lance aussi à la conquête de parts de marché électoral. Elle se couvre de slogans plan-plan, passe-partout, interchangeables, conçus pour ratisser large et offrir une prise de risque minimale. " Vivre avec sa ville ", " Pour notre ville ", " Embellir la ville ", " Je l'aime, ma commune ", " Un homme de coeur, un homme d'action ", " Pour une gestion efficace au service de tous ", " Le retour à la confiance ". Profond, le message... " Certains slogans présentent non seulement un flagrant déficit idéologique, parfois même une véritable carence de signification ", pointe le sociologue des médias François Heinderyckx (ULB) (1). Un sommet dans le genre, atteint par le candidat Léon Defosset aux communales de 1988 : " Je vous aime tous ", ose clamer sur les murs d'Etterbeek le bourgmestre sortant et transfuge passé du FDF au PS. Pour tout écho, l'hymne à l'amour se prend une claque monumentale.