Edouard Delruelle, dans l'entretien qu'il a accordé à Marie-Cécile Royen [Le Vif/L'Express du 20 août], met l'accent sur trois points : 1. Sortir de l'antidiscrimination pour " retrouver un rôle d'autorité au meilleur sens du terme ". 2. " Remettre l'accent sur la neutralité, y compris politique, dans la fonction publique ". 3. " Il faut un petit peu en rabattre avec l'idéologie de la reconnaissance, car reconnaître quelqu'un dans sa différence, c'est le reconnaître dans son identité, la...

Edouard Delruelle, dans l'entretien qu'il a accordé à Marie-Cécile Royen [Le Vif/L'Express du 20 août], met l'accent sur trois points : 1. Sortir de l'antidiscrimination pour " retrouver un rôle d'autorité au meilleur sens du terme ". 2. " Remettre l'accent sur la neutralité, y compris politique, dans la fonction publique ". 3. " Il faut un petit peu en rabattre avec l'idéologie de la reconnaissance, car reconnaître quelqu'un dans sa différence, c'est le reconnaître dans son identité, laquelle exclut souvent les autres. "Le directeur du Centre pour l'égalité des chances ne se soucie pas une seule fois des conséquences psychologiques ou sociales que peut entraîner pour les filles (voile) ou les femmes (burqa) l'écartèlement entre des contraintes antinomiques. Ce qui semble important pour lui, c'est que tout le monde marche du même pas. Et comme la limitation d'une liberté requiert une loi (merci, la Cour européenne des droits de l'homme !) et que les politiques tergiversent, le Centre vient à la rescousse de ceux qui l'exigent. Et Edouard Delruelle de se distancer de la Ligue des droits de l'homme, d'Amnesty International et du Mrax, ces organisations qui s'alignent sur les Lumières chaque fois que l'on s'en prend aux libertés fondamentales. Le " glorieux " [dixit Edouard Delruelle] Commissariat royal à la politique des immigrés ne s'était pas permis, lui, de nier l'identité des " nouveaux Belges ". Il s'était acharné, combattant l'inertie et le racisme, à promouvoir une démarche interculturelle servant la société globale en assurant le développement harmonieux de toutes ses composantes ; ce qui impliquait, évidemment, des efforts bilatéraux. Comme l'avait fait le Centre d'action laïque, le Centre pour l'égalité des chances se place sous la bannière du laïcisme, cette nouvelle religion qui, à l'instar des catholiques dans les siècles passés, exerce des pressions sur l'autorité publique pour qu'elle impose à tous sa propre conception de l'existence. Est-il rationnel de revendiquer l'impartialité en s'alignant sur les positions d'un clan philosophique ? Les humanistes, quant à eux, se rangent derrière Henri Poincaré : " La pensée ne doit se soumettre ni à un dogme, ni à un parti, ni à une passion, ni à un intérêt, ni à une idée préconçue, ni à quoi que ce soit, si ce n'est aux faits eux-mêmes, parce que, pour elle, se soumettre, ce serait cesser d'être. " Une déclaration qui fut, naguère, la devise de l'ULB... Marcel Leurin, par courriel