Le droit d'interpellation
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Le droit d'interpellation Il existe déjà dans de nombreuses communes (à Bruxelles, les citoyens peuvent même interpeller le conseil de police). Côté wallon, il sera désormais obligatoire : la question devra être précise et ne pourra viser une personne ; si le collège la refuse, il devra s'en expliquer ; s'il l'accepte, il devra répondre et l'interpellant pourra répliquer... Pas question toutefois d'institutionnaliser un Café du commerce, avait affirmé Paul Furlan (PS), le ministre wallon des Pouvoirs locaux : la participation d'accord, mais la démocratie représentative " est la seule dont on peut mesurer la légitimité ". La consultation populaire Elle n'est pas neuve non plus mais elle est peu utilisée. Les rares dossiers introduits ont concerné un hall sportif à Rouvroy, la réouverture de la ligne ferrée Dinant-Givet, l'implantation d'une prison à Sambreville, le projet de centre commercial à Verviers ou la candidature de Liège au titre de capitale européenne 2015 de la culture. Les Liégeois ne se sont pas déplacés en masse (Mons était déjà choisie !), au point que le seuil de dépouillement n'a pas été atteint. Il sera dorénavant abaissé à 10 % et le conseil communal devra débattre du sujet. La Région wallonne pourra financer les opérations. La consultation populaire n'impose pas la décision de la population. Mais... A Huy, en avril 2005, près de 4 500 personnes (27,4 % du corps électoral) s'étaient déplacées pour se prononcer, à plus de 95 %, contre un gros projet immobilier dans le parc des Récollets, le seul espace vert de la rive gauche. La bourgmestre Anne-Marie Lizin (PS) avait cru pouvoir y passer outre, expliquant que les 7 300 électeurs qui ne s'étaient pas prononcés étaient forcément favorables au projet. Elle avait dû plier. Et le 21 juillet dernier, c'est dans le parc des Récollets qu'a été organisée la fête nationale populaire, par la Ville et par l'asbl née de ces événements. La fête a rassemblé de 2 500 à 3 000 personnes, selon son porte-parole Alain Legros. Une réconciliation. " Il y avait le ban et l'arrière-ban du monde politique local, sourit-il. Nous ne souhaitons toutefois pas en rester là. C'est vrai qu'on élit pour six ans mais, sur les matières communales, il est bon que le pouvoir organise lui-même des consultations, pour prendre la température et pour que les citoyens se sentent plus concernés. "Le budget participatif C'est la possibilité offerte aux communes de consacrer une partie de leur budget à des projets proposés par des comités de quartier ou des associations : espaces publics, terrains de jeux, écoles de devoirs. Des expériences ont déjà eu lieu à Jemappes (Mons), Thuin, Sambreville, Bruxelles, Herstal... Le droit d'assister aux assemblées générales des intercommunales Les habitants du territoire concerné pourront assister aux assemblées générales des intercommunales et demander l'inscription d'un point à l'ordre du jour. Le texte voté en avril dernier n'a pas convaincu tout le monde. " Les assemblées générales des intercommunales ne sont plus qu'une parodie ", s'était exclamé le député CDH André Bouchat. Le pouvoir y est phagocyté par les directions. " Et les questions, même excellentes, d'un simple citoyen seront bien vite engluées dans une réponse technocratique qui ne permettra pas forcément d'y voir plus clair. M.D.