En dépit d'une pension légale que nombre de nos pays voisins nous envient, la majorité des salariés belges sont confrontés à une solide perte de revenus lorsque sonne l'heure de la retraite. Le coup est sans doute moins rude pour les fonctionnaires ou pour ceux qui peuvent compter sur un fonds de pension ou d'une assurance-groupe. Pour les autres, c'est-à-dire une bonne moitié, le salut, c'est ce qu'on appelle le " troisième pilier ", c'est-à-dire l'épargne accumulée au fil des ans.
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En dépit d'une pension légale que nombre de nos pays voisins nous envient, la majorité des salariés belges sont confrontés à une solide perte de revenus lorsque sonne l'heure de la retraite. Le coup est sans doute moins rude pour les fonctionnaires ou pour ceux qui peuvent compter sur un fonds de pension ou d'une assurance-groupe. Pour les autres, c'est-à-dire une bonne moitié, le salut, c'est ce qu'on appelle le " troisième pilier ", c'est-à-dire l'épargne accumulée au fil des ans.L'Etat a cherché à encourager fiscalement cet effort des plus prévoyants par le biais d'une réduction d'impôt octroyée à l'épargne à long terme. Attention : tous les produits ne bénéficient pas de cet avantage fiscal. Ne sont pris en considération que l'épargne-pension ainsi que l'assurance-vie classique. Si la première formule est relativement connue (800 000 Belges y ont adhéré), la seconde est beaucoup moins répandue. Une remarque préalable : l'assurance-vie n'est pas une assurance-décès. L'objectif est de verser un capital à l'assuré au moment où il part à la retraite. Bien entendu, s'il décède avant, le capital déjà constitué sera remboursé au bénéficiaire désigné dans le contrat (il s'agit le plus souvent du conjoint). Il est même possible, moyennant une prime, de prévoir le paiement d'un montant déterminé en cas de décès avant l'échéance du contrat. C'est ce qu'on appelle l'assurance-vie mixte. L'avantage fiscal de l'assurance-vie consiste donc en une réduction d'impôt, dont le montant dépend à la fois des primes versées et du revenu net professionnel imposable. Explications. Pour cette année, les primes ne sont prises en considération qu'à concurrence d'un montant de 1 770 euros par personne. Ce montant est indexé. La réduction d'impôt représente de 30 à 40 % de la prime selon l'importance du revenu professionnel annuel, établi de 6 250 à 45 000 euros. Prenons le cas d'un contribuable dont le revenu net imposable est 37 500 euros et dont la prime est de 1 770 euros. Il aura droit à un remboursement d'impôt équivalent à 38 % de cette prime, soit 672,5 euros. Il n'aura donc réellement déboursé que 1.097,5 euros.Rentabilité nette de 4 à 5 %L'avantage est donc de taille et c'est heureux car, sans lui, la rentabilité intrinsèque de l'assurance-vie est particulièrement modeste. Elle comprend, tout d'abord, une rémunération garantie (de 3,25 % ou 3,75 %, selon les compagnies). S'y ajoute une participation bénéficiaire, liée aux résultats financiers de la société ; à l'heure actuelle, cette prime varie entre 1,5 et 2,5 %. Soit au total de 5 à 6 % de rendement. Mais il s'agit là d'un rendement brut, dont il faut déduire les diverses commissions, comme les frais de gestion annuels ou les frais d'entrée destinés à rémunérer l'intermédiaire. Sachez aussi que la participation bénéficiaire est calculée de manière souvent restrictive et qu'une taxe sera prélevée lorsque l'assuré atteint l'âge de 60 ans. Compte tenu de ce qui précède, la rentabilité nette se situe le plus souvent entre 4 et 5 %. Grâce à l'avantage fiscal, ajoutez-y environ 2 %. Pas question, ici, d'établir un hit-parade des meilleures propositions. Les assureurs restent extrêmement discrets, sinon secrets, sur les performances de leurs produits. Au mieux, vous pouvez essayer de demander à un courtier qui travaille avec plusieurs compagnies de vous faire des simulations. Exemple : quel capital net obtiendrez-vous à 65 ans pour un versement de 100 euros par mois, pendant vingt ans ? Ne vous attendez cependant pas à une réponse précise. On l'aura compris, l'assurance-vie est loin d'être la panacée. Elle vaut surtout par l'avantage fiscal qu'elle procure. C'est dire qu'on doit limiter ses versements à 1 770 euros par an. Si votre capacité d'épargne vous permet de faire plus, tournez-vous vers les fonds d'épargne-pension proposés par les banques et qui bénéficient également du même avantage fiscal (jusqu'à un plafond de 590 euros par personne). Au delà, si vous tenez à bétonner votre pension, revenez aux sicav traditionnelles ou à l'investissement immobilier (que vous pouvez financer par emprunt).Marc Charlet