Quand nous dormons, nous ne sommes pas tout à fait " déconnectés ". Certaines fonctions, comme le sens de l'ouïe, continuent à fonctionner, mais à un faible niveau. Nos ancêtres avaient en effet tout intérêt à entendre les animaux sauvages approcher, histoire de ne pas se faire dévorer.
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Quand nous dormons, nous ne sommes pas tout à fait " déconnectés ". Certaines fonctions, comme le sens de l'ouïe, continuent à fonctionner, mais à un faible niveau. Nos ancêtres avaient en effet tout intérêt à entendre les animaux sauvages approcher, histoire de ne pas se faire dévorer. De nos jours, même si notre environnement est devenu plus sûr, nous avons conservé quelque chose de cette vigilance et nous réveillons encore en sursaut lorsqu'un bruit inhabituel se fait entendre. Notre subconscient peut aussi se déchaîner lors de nos rêves et notre cerveau profiter de notre sommeil pour ancrer fermement des expériences vécues. Pensez à de nouvelles activités que vous pratiquez beaucoup mieux après une nuit de sommeil. Le ski en est un bon exemple. Les pas de danse également. Il en va de même pour la matière d'un examen que vous ne sembliez pas bien maîtriser la veille, mais que vous avez finalement mieux mémorisée que vous ne le pensiez. Bien que cela ne puisse pas être qualifié d'apprentissage actif, cela a néanmoins quelque chose à voir avec le processus d'apprentissage. Des études ont été menées sur le lien entre les odeurs et le bruit durant le sommeil. Lorsque des personnes à l'ouïe fine entendent un son spécifique accompagné de mauvaises odeurs, elles vont, après quelques jours d'habituation, réagir lorsqu'elles sont soumises uniquement au son (1). Dans le cadre d'une autre étude, des fumeurs ont été exposés, pendant leur sommeil, à la fumée de cigarette et immédiatement après, à une odeur répugnante. L'effet a été perceptible après une nuit. Les fumeurs consommaient ensuite beaucoup moins de cigarettes et l'effet durait plusieurs jours (2). Même si, dans les deux cas, il s'agit d'un processus d'apprentissage inconscient et surtout instinctif, ces études montrent qu'un être humain peut bel et bien apprendre quelque chose pendant son sommeil. Cela ne va toutefois pas plus loin, conclut le Pr Philippe Peigneux, directeur de l'unité de recherche en neuropsychologie et neuroimagerie fonctionnelle à l'ULB (3). Il constate que pendant notre sommeil, nous pouvons enregistrer des sons en vrac, mais que notre cerveau n'est pas capable de les assembler pour constituer des liens ayant un sens, alors que nous en sommes capables quand nous sommes éveillés. Si cette simple astuce ne fonctionne déjà pas, il y a peu de chances de voir aboutir des processus d'apprentissage plus complexes...