En annonçant une journée d'actions nationale le 6 octobre, ne brûlez-vous pas vos cartouches alors que la négociation entre patronat et syndicats n'a même pas commencé ?

Mais cette action n'est pas dirigée contre les interlocuteurs sociaux ! Elle s'adresse d'abord au gouvernement, qui n'a pas fait grand-chose pour limiter la hausse des coûts de l'énergie ni augmenter le pouvoir d'achat des gens.
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Mais cette action n'est pas dirigée contre les interlocuteurs sociaux ! Elle s'adresse d'abord au gouvernement, qui n'a pas fait grand-chose pour limiter la hausse des coûts de l'énergie ni augmenter le pouvoir d'achat des gens. Nous comptons bien avoir des réponses à nos questions le 14 octobre, lors de la déclaration du Premier ministre Yves Leterme au Parlement, notamment en matière de relèvement du pouvoir d'achat et de baisse de la facture énergétique des ménages. En plus, nous adressons un signal clair aux employeurs : nous demanderons une augmentation des salaires et l'intervention des employeurs dans les frais de transport domicile-lieu de travail. Et nous refuserons que l'on touche à l'indexation automatique des salaires. J'espère que la journée d'avertissement du 6 octobre suffira. Provoquer le monde du travail n'est intéressant pour personne. Depuis quelques semaines, on assiste à des attaques en règle des patrons contre l'indexation automatique des salaires et contre les services publics. Ils évoquent aussi un blocage des salaires. On est clairement dans la provocation. Je suppose que c'est délibéré, mais je trouve ça dommage, parce qu'au niveau syndical nous avons, au contraire, fait preuve d'un grand sens des responsabilités. Certains secteurs sont plus concernés que d'autres, mais la volonté d'agir est présente, en tout cas. La journée du 6 octobre a été décidée à l'issue d'un débat démocratique à la FGTB. Il faut attendre le rapport du Conseil central de l'économie, en novembre. Quoi qu'il en soit, cet écart salarial est dû à la flambée de l'inflation, elle-même alimentée par le renchérissement des produits pétroliers et des matières premières. Dans la mesure où le gouvernement n'a décidé ni de bloquer ni de contrôler l'évolution de ces prix, il ne faut pas s'étonner de voir l'inflation progresser. Heureusement, nous avons un système d'indexation automatique des salaires ! Sans cela, la perte de pouvoir d'achat aurait été bien pire. Je rappelle que 75 % des travailleurs, dans le secteur privé, gagnent moins de 1 600 euros net par mois. Ce ne sont pas les salaires qui dérapent ! Ce sont les prix de l'énergie. J'aimerais entendre les employeurs appeler avec nous à un contrôle de ces prix. Mais ils ne veulent pas se désolidariser d'Electrabel ni du secteur pétrolier. Ce chantage à l'emploi est inacceptable. Les travailleurs ne sont pas responsables de la crise. Ils la subissent. Les entreprises portent une large part de responsabilité dans notre manque de compétitivité : qu'elles commencent par investir davantage dans la formation et aussi dans la recherche et développement ! Nous, nous sommes prêts à discuter. Ce n'est pas nous qui avons rompu la négociation. J'espère que l'accord interprofessionnel sera une réussite, et qu'il offrira du pouvoir d'achat en plus aux gens. C'est fort utile pour soutenir la consommation intérieure... Entretien : Laurence van Ruymbeke