Attention, il ne reste plus que quelques jours avant que ce bel accrochage à la galerie DYS sombre dans l'oubli. Passé sous nos radars, American strangers mérite pourtant le coup d'oeil. Avec beaucoup de pertinence et le goût qu'on lui connaît pour "le rêve agité", la galeriste Justine Jacquemin a réuni une série d'artistes vivant aux Etats-Unis. Le fil rouge? Outre le fait qu'ils soient peu identi...

Attention, il ne reste plus que quelques jours avant que ce bel accrochage à la galerie DYS sombre dans l'oubli. Passé sous nos radars, American strangers mérite pourtant le coup d'oeil. Avec beaucoup de pertinence et le goût qu'on lui connaît pour "le rêve agité", la galeriste Justine Jacquemin a réuni une série d'artistes vivant aux Etats-Unis. Le fil rouge? Outre le fait qu'ils soient peu identifiés sous nos latitudes, on pointe un imaginaire foisonnant qui s'exprime à travers des supports variés, qu'il s'agisse d'huile sur bois, de pastel sur papier, de crayon ou de peinture sur jute. Le coup de coeur va assurément aux énigmatiques compositions d'Hibiki Miyazaki, jeune femme originaire de Portland (Oregon), dont la pratique se plaît à multiplier les sources d'images, tant magazines vintage qu'estampes surannées ou vieilles photographies. Le travail en question s'amuse du mélange des strates temporelles et matérielles. Le règne animal se fond dans la technologie la plus avant-gardiste et le végétal sans que cela ne semble poser le moindre problème. Le tout est abordé par le biais d'un trait délicat et d'un jeu sur la couleur d'une grande subtilité. Fuel (2020), ici en photo, livre la parfaite illustration de ces télescopages hallucinés, quasi organiques, à la faveur d'un buste fusionnant tout à la fois avec deux escargots et une tête de poupée colonisée par des champignons. Où Miyazaki va-t-elle chercher de telles hybridations? On aime également une série de dessins sur calque de Fred Stonehouse. Originaire du Wisconsin, l'artiste manie le crayon et l'encre avec énormément de talent. Son imaginaire imprégné de surréalisme ne manque pas d'emmener l'esprit dans des zones de hautes turbulences visuelles. On retient encore, dans un registre plus sobre, Scott Daniel Ellison (Ohio) qui cultive, quant à lui, le goût d'un bestiaire rampant, vaguement menaçant, dont les formes simples évoluent sous des teintes mélancoliques.