Une fois n'est pas coutume, Alain Finkielkraut écrit A la première personne (Gallimard, 128 p.), court opus qui n'est en aucune manière une autobiographie. Le philosophe français s'y dévoile pourtant, principalement dans le rapport à sa judéité : face à ses parents survivants des camps pour prendre...

Une fois n'est pas coutume, Alain Finkielkraut écrit A la première personne (Gallimard, 128 p.), court opus qui n'est en aucune manière une autobiographie. Le philosophe français s'y dévoile pourtant, principalement dans le rapport à sa judéité : face à ses parents survivants des camps pour prendre conscience un jour que " le temps des rescapés était compté et (que) nul, pas même leurs enfants, ne pouvait occuper leur place " ou face aux négationnistes, notamment d'extrême gauche, pour constater l'instrumentalisation de la mémoire dans le conflit israélo-palestinien. A cet antisémitisme politique, Alain Finkielkraut réplique par une peur viscérale de l'arrivée d'" ennemis déclarés de notre société " parmi les populations qui la rejoignent et la crainte de " l'impénétrabilité réciproque des communautés humaines " que les attentats du 11-Septembre ont révélée. L'auteur dézingue encore la prolifération des anglicismes dans la langue française, le tourisme de masse, dont les acteurs ne sont plus des visiteurs mais des occupants, ou l' open society en général... Alain Finkielkraut ne se défera donc pas de l'étiquette de réactionnaire qu'on lui accole. Au moins celui qui est obnubilé par " la croissante inhabilité du monde " s'explique-t-il avec sincérité, lui qui déplore paradoxalement que " le ressentiment a pris le pas sur les autres passions démocratiques en s'emmitouflant dans le manteau de la vertu, c'est-à-dire de la lutte contre les discriminations et les privilèges ".