Nous sommes parents d'un enfant adoptif d'origine éthiopienne. Nous avons fait l'objet d'une enquête d'ordre psychosocial. Et ce, il y a 16 ans! Nous avons donc déjà vécu ce qui est actuellement considéré comme une nouveauté dans l'avant-projet de loi ( Le Vif/L'Express du 4 mai).
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Nous sommes parents d'un enfant adoptif d'origine éthiopienne. Nous avons fait l'objet d'une enquête d'ordre psychosocial. Et ce, il y a 16 ans! Nous avons donc déjà vécu ce qui est actuellement considéré comme une nouveauté dans l'avant-projet de loi ( Le Vif/L'Express du 4 mai). Tout semblait concourir à la "réussite" de l'adoption. Mais qu'est-ce qu'une adoption réussie ? Celle-ci vise l'épanouissement de l'enfant, son bonheur, son adaptation au sein d'une nouvelle famille et d'une nouvelle culture. Pour cela, faut-il ne regarder que la sélection stricte des parents, leurs aptitudes à le devenir ? Notre expérience nous dira : non ! Certains enfants adoptés n'acceptent pas leur adoption. Par toute une série de comportements, ils nous le montrent et nous le disent. Ils refusent l'affection de leurs parents parce qu'ils la vivent comme menaçante. (...) Ils présentent, sous diverses formes, un comportement destructeur, voire suicidaire. Il nous semble, dès lors, très important de prendre conscience que "seul, l'amour ne suffit pas" et que ce syndrôme appelé "troubles de l'attachement" ( Le Vif/L'Express du 24/11/2000) peut apparaître chez un enfant adopté, désiré par des parents équilibrés et considérés "aptes" ! Il serait important de tenir compte de ceci également dans la nouvelle loi. Que les intervenants psycho-médicosociaux soient vigilants pour dépister les premiers signes de ce syndrôme chez les enfants afin de trouver pour eux une autre piste que celle d'une famille qu'ils rejetteront ensuite. Nous regrettons que notre fils n'ait été pris en thérapie que depuis 6 mois malgré nos attentes auprès des psys de toute sortes. Nous regrettons l'incompréhension et le jugement qui nous ont entourés pendant de longues années. Face à cette expérience de vie pénible, nous nous sommes constitués en une asbl qui fait écho à celle qui existe en Flandre (...). Nous souhaitons que les parents vivant cette situation puissent sortir du silence où très souvent ils se réfugient à force de critiques, de jugements, de rumeurs, parfois même de plaintes venant de l'extérieur.ASBL PETALES (Parents d'Enfants présentant des Troubles de l'Attachement) : petalinfo@tiscalinet.be. Tél.: 071-61.51.23 (de 9 h à 22 h)J. et F. Hubert-Dehottay, Manhay