A vendre : bien de 7 500 m², 17 mètres de haut, capable d'abriter 1 136 personnes. Toutes commodités (électricité récemment installée pour un investissement d'un million d'euros). Réfectoire, loges (575 m²), locaux techniques (aménageables en lavoir ou salon de coiffure), réserve chauffée pour instruments de musique. Livrable en kit dès juin. Prix : 1,6 million d'euros. A discuter.
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A vendre : bien de 7 500 m², 17 mètres de haut, capable d'abriter 1 136 personnes. Toutes commodités (électricité récemment installée pour un investissement d'un million d'euros). Réfectoire, loges (575 m²), locaux techniques (aménageables en lavoir ou salon de coiffure), réserve chauffée pour instruments de musique. Livrable en kit dès juin. Prix : 1,6 million d'euros. A discuter. Cette annonce fictive pourrait parfaitement servir de descriptif à l'Opéra royal de Wallonie. Ou plutôt au Palais Opéra de Liège. Car l'ORW, fraîchement rénové et rouvert au public depuis septembre, n'a évidemment pas été mis en vente. Mais le chapiteau qui lui a servi de pied-à-terre lors des trois ans nécessaires à son lifting se cherche un nouveau propriétaire. Un chapiteau emblématique, racheté en 2009 au célèbre opéra vénitien La Fenice, qui l'avait fait construire suite à l'incendie criminel qui l'avait réduit en cendres en 1996. " Lorsque nous avions dû trouver un lieu pour nous héberger pendant la rénovation, nous avions fait le tour de toutes les salles qui existaient, se souvient Stefano Mazzonis di Pralafera, directeur général et artistique de l'ORW. Mais toutes possédaient une capacité d'accueil trop limitée. Puis il aurait fallu réaliser d'importants travaux d'adaptation. Les devis que nous avions demandés évoquaient des investissements de 4 à 6 millions d'euros... Acquérir la structure de La Fenice était la solution la plus rapide et la moins coûteuse. " Le théâtre liégeois avait à l'époque tout de même dû débourser un million d'euros. Sans compter tous les aménagements nécessaires (chauffage, électricité...) D'où le montant de 1,6 million demandé aujourd'hui. " Ça, c'est la requête officielle, précise le directeur. Mais nous sommes ouverts à la discussion. " C'est que ce fameux chapiteau, mis en vente en août 2012, n'a toujours pas trouvé preneur. Aucun candidat sérieux ne s'était même manifesté, durant les premiers mois de mise sur le marché. Puis, fin janvier, trois amateurs se sont présentés simultanément. Tour & Taxis à Bruxelles, un groupe étranger (dont le nom n'a pas été dévoilé) et la Ville de Verviers, à la recherche d'une structure pouvant abriter les représentations de son Grand Théâtre lors de sa future transformation. Pour l'instant, aucune de ces marques d'intérêt ne s'est concrétisée, même si aucune n'est écartée. " Nous sommes très intéressés, d'autant qu'il s'agit d'une structure emblématique, confirme Aurélia Luypaerts, échevine verviétoise de la Culture (MR). Mais il y a quelques inconvénients. Dont le prix : c'est assez cher... " Stefano Mazzonis di Pralafera sait que la transaction sera difficile à finaliser. " Il y a quatre ans, au moins dix théâtres en Europe devaient être rénovés. Mais tous ont aujourd'hui repoussé les travaux pour des raisons économiques ! " En attendant, le chapiteau sera démonté en ce mois de mai. Nécessité de libérer le terrain prêté par la Ville oblige. Ce qui ne devrait pas faciliter cette vente dont l'ORW aurait bel et bien besoin de récolter les fruits... M.GS