Le scandale éclate en mai 2019, lorsque des associations de l'Etat du Maharashtra révèlent que, chaque année, des milliers de coupeuses de canne à sucre sont victimes d'hystérectomies abusives. Et ce depuis des décennies. A l'origine de cette pratique, des médecins du secteur privé, avides de profits. Même consultés pour des problèmes bénins, ceux-ci convainquent leurs patientes qui, bien so...

Le scandale éclate en mai 2019, lorsque des associations de l'Etat du Maharashtra révèlent que, chaque année, des milliers de coupeuses de canne à sucre sont victimes d'hystérectomies abusives. Et ce depuis des décennies. A l'origine de cette pratique, des médecins du secteur privé, avides de profits. Même consultés pour des problèmes bénins, ceux-ci convainquent leurs patientes qui, bien souvent, méconnaissent leur propre corps, qu'une ablation de l'utérus est nécessaire. Les opérations sont réalisées à la chaîne, en toute impunité, dans des cliniques privées. Les honoraires y sont fixés librement et peuvent atteindre 600 euros, une fortune dans ces milieux précarisés. Les ouvrières des plantations sont des cibles idéales : leur travail s'inscrit dans l'économie informelle du pays et échappe donc à toute forme de protection, légale, syndicale ou sociale. Particulièrement éprouvant physiquement, il favorise en outre les soucis de santé, poussant les malades entre les mains de praticiens sans scrupules. De leur côté, bon nombre de patrons n'hésitent pas, eux non plus, à encourager cette intervention chirurgicale. Avec la fin de leurs menstruations, la productivité des femmes est censée augmenter... A la suite de ces révélations, le gouvernement a créé un comité chargé de mener l'enquête dans le district de Beed, dans l'Etat du Maharashtra. L'extrême pauvreté qui y sévit ne laisse d'autre choix à ses habitants que d'accepter le boulot harassant de coupeur de canne, faisant de la région le réservoir de main-d'oeuvre de l'ensemble du secteur. A ce jour, cependant, seules des recommandations ont été émises par la commission. Les mesures concrètes et les sanctions continuent à se faire attendre, ne laissant présager que peu d'espoir pour celles dont le corps est bafoué au nom du profit.