Il a une épaisse tignasse noire, un visage poupin et une moustache naissante : à 13 ans, " Abou Ismaïl " - son pseudonyme - est le plus jeune mis en examen pour un projet d'attentat en France. Sur cette photo, il brandit une feuille de classeur d'écolier où il clame son " allégeance au ...

Il a une épaisse tignasse noire, un visage poupin et une moustache naissante : à 13 ans, " Abou Ismaïl " - son pseudonyme - est le plus jeune mis en examen pour un projet d'attentat en France. Sur cette photo, il brandit une feuille de classeur d'écolier où il clame son " allégeance au calife Abou Bakr al-Baghdadi " (le chef du groupe Etat islamique) et fait voeu de mourir au nom du djihad. Il a été interpellé le 21 juin dernier dans une rue de Vitry-sur-Seine (au sud de Paris) alors qu'il venait d'annoncer, sur la messagerie chiffrée Telegram, son intention de " planter des kouffars " (mécréants) pour célébrer la fin du ramadan. L'opération est restée confidentielle jusqu'à l'arrestation, le 7 novembre, d'un présumé djihadiste suisse de 27 ans qui, avec d'autres internautes radicalisés, l'avait encouragé à passer à l'acte. Leurs échanges, auxquels Le Vif/L'Express a eu accès, trahissent l'immaturité de cet adolescent fanfaron, qui mélange exégèse approximative du Coran et injonctions à porter des coups de " couteau dans la tête, le ventre, n'importe où ". Certains lui conseillent : " Supprime ton compte Telegram, inch'Allah. " Un autre lui propose de faire la liaison avec Daech. Vers minuit, le collégien se connecte une dernière fois : " Je suis prêt, devant ma porte. " Il sera intercepté quelques minutes plus tard, un couteau à la main, par les hommes de la DGSI, le service de renseignement intérieur français.