Depuis quelques années, les règles en matière de performance énergétique des bâtiments se font de plus en plus strictes. Et cela ne fait que commencer. La Flandre a adopté le plan EnergieRenovatieProgramma qui prévoit, ni plus ni moins, de faire disparaître de son territoire les maisons trop énergivores d'ici à 2020. À Bruxelles, tous les biens qui sortiront de terre dès 2015 devront être passifs, tandis que l'échéance de 2017 est avancée pour la Wallonie.
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Depuis quelques années, les règles en matière de performance énergétique des bâtiments se font de plus en plus strictes. Et cela ne fait que commencer. La Flandre a adopté le plan EnergieRenovatieProgramma qui prévoit, ni plus ni moins, de faire disparaître de son territoire les maisons trop énergivores d'ici à 2020. À Bruxelles, tous les biens qui sortiront de terre dès 2015 devront être passifs, tandis que l'échéance de 2017 est avancée pour la Wallonie. Sans oublier cette directive européenne qui entend imposer aux États-membres que toutes les nouvelles constructions soient zéro énergie sinon rien dès 2021. Zéro énergie ? Passif ? Basse énergie ? Halte à celui qui emploie ces termes comme des synonymes ! Si ces trois solutions tendent toutes à diminuer les consommations énergétiques des habitations, chacune possède ses partisans et ses opposants, comme l'a encore démontré le récent débat bruxellois sur le sujet. D'un côté, ceux qui ne jurent que par le passif. Soit ces maisons hyper-isolées (on parle d'un coefficient k - ou d'isolation thermique - oscillant entre 10 et 20) qui n'ont besoin que de 15 KWh par mètre carré par an de chauffage, ce qui correspond grosso modoà près de 90 % de moins qu'un logement " classique ". Le " zéro énergie " est, quant à lui, une version encore plus stricte que le passif puisque le bâtiment doit en plus produire lui-même ses besoins en chauffage et en électricité. Du moins selon la définition donnée par le gouvernement fédéral lorsqu'il octroyait des primes, car certains prétendent que le " zéro énergie " s'applique lorsqu'un bien satisfait à ses besoins énergétiques, quels qu'ils soient. De l'autre côté, ceux qui défendent le standard " basse énergie ". Soit ces maisons déjà bien isolées (niveau k d'environ 30), dont les besoins en chauffage atteignent 60 KWh/m²/an, selon la définition donnée par l'asbl Plate-forme Maison Passive (PMP). L'objet de la discorde entre chaque camp reste le surcoût et sa rentabilisation. Le promoteur immobilier Laurent Minguet, pourtant très " branché " technologies vertes, est un farouche opposant du passif. Les immeubles qu'il construit sont thermo efficaces, s'approchant du basse énergie. " On ne gagne rien à pousser l'isolation à 30 centimètres, estime-t-il. Investir 100 euros de plus pour en récupérer 1 par an, ça ne tient pas la route. " Il ajoute que la construction coûte déjà assez cher comme cela. " Quand il faudra à un couple 20 000 euros de plus et que la banque ne voudra pas les prêter, les gens vont être furieux ! " Pour Benoit Quevrin, coordinateur de l'ASBL PMP, le basse énergie serait une première bonne réponse. Mais pas suffisamment durable. " Nul ne sait comment évolueront les prix de l'énergie à l'avenir, estime-t-il. S'ils continuent à flamber, il vaut mieux dès à présent mettre en place des alternatives. " Quant au surcoût, il est réel mais difficilement quantifiable. Tout dépendrait du bâtiment, de son orientation, de son confort... Pour Benoit Quevrin, mieux vaudrait construire plus petit mais moins énergivore. Sacrifier les mètres carrés pour favoriser les murs mieux isolés ? Reste à voir si les candidats bâtisseurs seront preneurs. Mélanie Geelkens