LES NEW JACKS ONT FAIT DES PETITS

Les bandes de Blacks ont vu le jour à Bruxelles, au début des années 1990, dans le quartier de Matonge. A l'époque, deux bandes rivales sévissaient porte de Namur : les New Jacks, qui tirent leur nom du film New Jack City, et les Kung Fu Clan (KFC). Lorsque les principaux leaders des New Jacks ont été arrêtés, les " petits " de la bande ont formé les Black Demolition. A la libération de leurs grands frères vers 1999-2000, les Black D avaient acquis leur autonomi...

Les bandes de Blacks ont vu le jour à Bruxelles, au début des années 1990, dans le quartier de Matonge. A l'époque, deux bandes rivales sévissaient porte de Namur : les New Jacks, qui tirent leur nom du film New Jack City, et les Kung Fu Clan (KFC). Lorsque les principaux leaders des New Jacks ont été arrêtés, les " petits " de la bande ont formé les Black Demolition. A la libération de leurs grands frères vers 1999-2000, les Black D avaient acquis leur autonomie. Les affrontements entre New Jacks et Black Demolition, désormais alliés aux KFC, ont été très violents : le 16 mai 2002, une fusillade a fait cinq blessés, dont quatre passants atteints par des balles perdues. Aujourd'hui, les rivalités entre bandes urbaines de Bruxelles sont l'héritage de cette confrontation. A côté de la drogue, l'alcool coule à flots dans les bandes urbaines. Cela explique, en partie, leur hyperviolence. Une pratique courante : remplir un seau de cinq whiskies différents et le vider ensemble. Mais la boisson de prédilection des bandes de Blacks est la bière Gordon, d'où le nom de certaines bandes comme les Finest. Avec environ 70 membres, c'est la bande la plus importante de Bruxelles. Elle s'est formée dans la cité Germinal d'Evere, vers la fin des années 1990. En 2008, 45 délits ou crimes leur ont été imputés, dont le meurtre du chef présumé des Versailles. " Par rapport aux 40 000 faits constatés au sein de la zone, ce n'est pas énorme, reconnaît le commissaire Frédéric Dauphin, directeur judiciaire adjoint de la zone Bruxelles-Nord. Mais cette criminalité est particulièrement gênante. Très visible, parfois spectaculaire, elle contribue fort au sentiment d'insécurité. " S'accrochant souvent avec les bandes du sud de Bruxelles, la bande 1140 est très structurée. Le gros des troupes est âgé de 15 à 20 ans. Les " petits " forment des sous-bandes, comme les B12 (pour beuh douce) ou les 11KJ (J pour jeunes). Lorsqu'un membre est menacé par une autre bande, il peut se faire accompagner par un " body gard " jusqu'à l'école. Les 1140 ont pris tellement d'importance qu'une bande concurrente a vu le jour à Evere : les 11KWhite, du clos des Diablotins, plus jeunes et moins nombreux, mais aussi violents. Des 1140 tiennent des blogs sur Internet. Très suivis par les policiers, la plupart ne sont plus alimentés depuis un an ou deux. La bande éveroise a aussi son groupe de rap, les Tissonegro, qui a sorti un CD.