Emmerson Mnangagwa, l'ex-vice-président déchu, devrait prendre officiellement les rênes du Zimbabwe vendredi, en tant que président intérim, succédant de facto à Robert Mugabe après sa démission historique cette semaine. Il avait déjà été désigné le week-end dernier président de la Zanu-PF, le parti au pouvoir, et candidat pour l'élection présidentielle de 2018. Retour sur sa carrière politique.
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Emmerson Mnangagwa, l'ex-vice-président déchu, devrait prendre officiellement les rênes du Zimbabwe vendredi, en tant que président intérim, succédant de facto à Robert Mugabe après sa démission historique cette semaine. Il avait déjà été désigné le week-end dernier président de la Zanu-PF, le parti au pouvoir, et candidat pour l'élection présidentielle de 2018. Retour sur sa carrière politique. L'homme de 75 ans, surnommé "le crocodile" pour son caractère inflexible et impitoyable, rejoint la guérilla indépendantiste contre le pouvoir de la minorité blanche au début des années 1960. En 1964, il est envoyé en Chine pour se former au marxisme, au combat et aux renseignements. Lors de son retour au pays, un an plus tard, il est arrêté. Echappant à la peine capitale, il passe néanmoins dix ans en prison, tout comme Robert Mugabe. Dès l'indépendance du Zimbabwe en 1980, Robert Mugabe lui confie d'importants postes de ministres. Ministre de la Sécurité nationale à l'indépendance, équivalent de la Sécurité de l'Etat, en 1980, ministre de la Justice en 1989, puis des Finances et de la Défense, le poste de vice-président lui échappe en 2004. Mais ce n'est que partie remise. Après avoir dirigé les fraudes et violences permettant à Robert Mugabe de rester au pouvoir malgré sa défaite au premier tour de la présidentielle en 2008, il accède enfin à la vice-présidence en décembre 2014. Il devient également numéro deux de la Zanu-PF, ce qui le place en pole position pour succéder au président.Emmerson Mnangagwa était un fidèle de Robert Mugabe. Il était d'ailleurs un des poids lourds de son régime. Mais le 6 novembre 2017, il sera sèchement limogé, sur injonction de la Première dame Grace Mugabe à qui il barrait la route de la succession de son mari. L'homme avait alors été forcé de quitter le Zimbabwe pour des raisons de sécurité. C'est son éviction qui a précipité, dans la nuit du 14 au 15 novembre, un coup de force de l'armée, catégoriquement opposée à l'arrivée au pouvoir de "l'incontrôlable Grace Mugabe". De retour le 22 novembre de son bref exil sud-africain, Mnangagwa a prononcé son premier discours de futur président devant des partisans enthousiastes. "Aujourd'hui, nous sommes les témoins du début d'une nouvelle démocratie", a-t-il lancé. Il prendra officiellement ses fonctions vendredi. Promettant d'être "le serviteur" du peuple, il a appelé "tous les Zimbabwéens patriotes à se réunir" et "à travailler ensemble."