Le week-end dernier trois manifestations différentes ont eu lieu autour de l'IAA à Francfort. L'ennemi principal : les voitures et surtout les SUV. En début du week-end, il y avait eu la manifestation "traditionnelle" de Fridays for Future. La veille, des activistes de Greenpeace ont dérangé la visite d'Angela Merkel en montant sur les toits des voitures avec des affiches disant "Klimakiller". Les organisateurs de la manifestation de samedi refusent tous ces moyens de désobéissance civile. Ils ont manifesté d'abord dans le centre-ville, puis de l'autre côté de la rue en face de l'IAA, seuls quelques représentants de Fridays for Future et des manifestants de Campact ont osé monter jusqu'à l'entrée du salon. La police les a d'abord renvoyés, avant de les laisser passer. Une fille a brandi une affiche : "SUV uncool" (SUV pas cool).

Un activist de Greenpeace monte avec son affiche sur le toit d'une voiture pendant la visite d'Angela Merkel © belga

L'Allgemeine Deutsche Fahrrad-Club (ADFC, la Fédération allemande des usagers de la bicyclette), Greenpeace et cinq autres organisations ont organisé la manifestation #aussteigen (aussteigen : descendre ou quitter. Le mot veut dire la fois descendre de la voiture et quitter la mobilité automobile) contre l'IAA. Cette manifestation en vélo a rassemblé environ 25.000 participants. Selon les organisateurs, les personnes sont venues de toutes les directions, dont 4000 de la direction Offenbach à l'est de Francfort, 800 ou 1000 de Mainz-Kastel et Rüsselsheim. Les organisateurs estiment qu'il y a eu douze rassemblements, un total de 18.000 personnes debout sur la prairie avec leurs vélos. 7.000 manifestants sont venus à pied.

Les cyclistes sur l'autoroute © belga

La police estime quant à elle qu'il y avait seulement 15 000 personnes au total. En plus de cent ans d'histoire, l'IAA n'a jamais connu une résistance aussi forte. En même temps, les manifestants anti-IAA n'ont jamais reçu autant d'attention. "Nous avons simplement de bons arguments", dit Torsten Willner de l'ADFC, "et maintenant plus de gens sont prêts à s'impliquer dans le changement du trafic".

Les organisateurs exigent, entre autres, l'arrêt immédiat du moteur à combustion, une loi sur la protection du climat analogue à Fridays for Future d'ici la fin de l'année qui garantit l'atteinte de l'objectif de 1,5 degré et, bien sûr, "une mobilité électrique efficace au lieu de gros SUV". Les participants ont collé des autocollants "FCK SUV" sur tout ce qu'ils pouvaient atteindre - même sur les lampadaires devant les entrées du salon. Le coorganisateur Campact a lancé une pétition contre les SUV. Le mouvement exige une taxe sur les SUV s'élevant à 50 pour cent du prix d'achat brut. En l'espace de trois mois, à peine plus de 6000 personnes ont signé, mais l'espoir des militants de Campact s'est ravivé samedi en cette journée de protestation.

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Dimanche, les participants de la manifestation de "Sand im Getriebe" (Les graines de sable dans la mécanique/ ça grince dans la mécanique) ont bloqué en trois groupes deux des cinq entrées du Salon de l'automobile. Le "doigt bleu" s'est ouvert sur le portail ouest, le "doigt rouge" avec 200 personnes s'est déplacé toute la journée à vélo autour du parc des expositions et du centre-ville pour perturber la circulation et mettre en scène des blocages spontanés. Et le "doigt vert" s'est positionné devant l'entrée principale.

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Environ 200 manifestants se sont rassemblés devant l'entrée principale, vêtus de salopettes blanches. C'est leur "image de marque", ils sont plus faciles à reconnaître en tant que groupe, dit l'un d'eux. De plus, ils ne peuvent pas être identifiés par leurs vêtements lorsqu'ils enlèvent leur combinaison et la jettent. Ils chantent, diffusent de la musique sur les haut-parleurs, jonglent, gribouillent des slogans à la craie sur les dalles des trottoirs.

"Nous ne voulons absolument aucune violence", souligne l'un des manifestants. Mais ils veulent être dérangeants. Pendant une demi-heure, les cyclistes ont refusé l'accès à plusieurs navettes sur le site de Rebstock, les passagers ont dû descendre et marcher quelques centaines de mètres jusqu'au salon. Certains visiteurs en colère ont donné des coups de pied dans les roues des vélos et les ont renversées, mais il n'y a pas eu d'incidents graves. La police n'a pas eu besoin d'intervenir. Des centaines de policiers vêtus de vêtements de protection noirs se sont positionnés devant les entrées, à la croisée des chemins, des motards policiers ont réglé la circulation. Les visiteurs ont pu entrer sans problème au Salon d'autant plus qu'il y a plusieurs d'entrées qui n'étaient pas bloquées.

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Fridays for Future a rejeté, ainsi que les organisateurs du #aussteigen et "Sand im Getriebe", une offre du dialogue de l'Association allemande de l'industrie automobile (VDA), organisatrice de l'IAA. Ils l'ont trouvé hypocrite, mais face aux protestations, le VDA a de nouveau annoncé dans l'après-midi qu'il était prêt à dialoguer sur "la protection du climat et la mobilité individuelle durable".

L'IAA, espèrent les organisateurs de la démonstration, n'existera plus sous cette forme dans deux ans. Au lieu de cela, un salon de la mobilité aura lieu, où l'accent ne sera plus mis sur la voiture, mais sur les bus, les trains, les piétons et surtout les cyclistes.

Greta Pralle

Source: F.A.Z.