Lors d'un entretien téléphonique tenu "sur initiative américaine", Sergueï Lavrov a estimé que "l'ingérence de Washington dans les affaires du Venezuela est une violation flagrante du droit international" et que "cette influence destructrice n'a rien à voir avec la démocratie", a indiqué le ministère russe des Affaires étrangères dans un communiqué.

Mike Pompeo a déclaré mercredi que le président Donald Trump se tenait prêt, si nécessaire, à faire intervenir l'armée américaine au Venezuela, où de violents heurts ont suivi le soulèvement mardi d'un groupe de soldats contre le président Nicolas Maduro. "La poursuite de ces étapes agressives est lourde de conséquence", a encore déclaré Sergueï Lavrov au cours de sa conversation avec Mike Pompeo.

Il a ajouté que "seul le peuple vénézuélien a le droit de décider de son destin, réclamant pour cela le dialogue de toutes les forces politiques du pays, ce que reconnait depuis longtemps le gouvernement".

Les autorités américaines ont lancé mardi une offensive tous azimuts pour accroître la pression sur Nicolas Maduro, en alternant les mises en garde contre les derniers soutiens du président vénézuélien et en incitant les cadres du pouvoir à Caracas à faire défection et à rejoindre le camp de l'opposant Juan Guaido.

Mardi, des milliers de manifestants se sont violemment opposés aux forces de l'ordre dans les rues de Caracas en soutien à un groupe de militaires qui avait rallié M. Guaido à l'aube. Au moins une personne a été tuée et près d'une centaine blessées, dont deux par balles.

Le Venezuela est secoué depuis le 23 janvier par une crise inédite, marquée par une contestation du pouvoir du chef de l'Etat et par l'auto-proclamation comme président par intérim de M. Guaido, aujourd'hui reconnu par les Etats-Unis et une cinquantaine de pays.