Le temps de lire ceci : " Peut-être qu'il n'y en avait jamais eu avant parce qu'aucune femme ne s'était assez investie dans le projet ? Qu'il n'y en avait tout simplement pas de suffisamment compétentes ? [...] Non, c'est toujours de la faute des méchants messieurs. Le discours victimaire, ça me saoule " (1), avait conclu ce jeune homme avant de se désabonner du compte Instagram @unesacreepaire, au motif qu'il lui " donnait des boutons ".
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Le temps de lire ceci : " Peut-être qu'il n'y en avait jamais eu avant parce qu'aucune femme ne s'était assez investie dans le projet ? Qu'il n'y en avait tout simplement pas de suffisamment compétentes ? [...] Non, c'est toujours de la faute des méchants messieurs. Le discours victimaire, ça me saoule " (1), avait conclu ce jeune homme avant de se désabonner du compte Instagram @unesacreepaire, au motif qu'il lui " donnait des boutons ". Compétence. Fallait le dire plus tôt, que toutes les autres avant Christina Koch et Jessica Meir étaient trop bêtes ! Comme Valentina Terechkova, une vraie tarte qui pilotait seule son vaisseau à 26 ans ; première dame à aller faire coucou aux étoiles en 1963. Puis, c'est évidemment parce que toutes les meufs du monde, sans la moindre exception, avaient le cerveau aussi rempli qu'un seau d'air qu'il aura fallu attendre dix-neuf ans pour qu'une deuxième visite l'espace (respect, Svetlana Savitskaïa). C'est pas non plus comme si, en 1959, un médecin de la Nasa, chargé de tester les aptitudes féminines, concluait que les treize candidates retenues remplissaient " tout à fait les conditions physiques et physiologiques pour suivre les mêmes entraînements que leurs collègues masculins ". Quelqu'un, alors, pour élucider pourquoi l'agence américaine n'ouvrit ses recrutements officiels aux femmes qu'en 1977 et que la première US astronaut, Sally Ride, dut attendre 1983 pour s'envoyer en l'air ? C'est tout simple, en fait, l'explication. Il aurait pu y en avoir d'autres, plus tôt, comme la pilote Jerrie Cobb, encore une idiote qui avait obtenu sa licence de vol à 17 ans. Mais, en 1963, le Congrès américain, qui devait se prononcer sur la possibilité pour les femmes de devenir astronautes, avait décrété que non. Parce que " les hommes font la guerre, pilotent des avions, (en) conçoivent de nouveaux, les fabriquent et les testent. Le fait que les femmes ne sont pas dans ce domaine fait partie de notre ordre social. " Toutes des connes, donc. Vaut mieux lire ça qu'être aveugle. Alors méchants, peut-être pas. Messieurs, assurément. Machos, complètement. Ou reflets d'une époque où bobonne n'était autorisée qu'à manier le manche de sa poêle ou de son balai. L'histoire s'est répétée à chaque fois que ces dames ont voulu débarquer dans des univers testostéronés. Isala Van Diest, première femme universitaire et médecin belge, dut aller étudier en Suisse car l'UCL lui refusait l'accès à ses amphis. Neuf autres candidatures avaient été posées (depuis... 1760 ! ) avant que l'écrivaine Marguerite Yourcenar ne fasse son entrée à l'Académie française (en... 1980 ! ). " Si on élisait une femme, on finirait par élire un nègre... ", s'était même fendu un académicien. Et si la première femme ministre, Vijaya Lakshmi Pandit, ne fut nommée en Inde qu'en 1953, c'est évidemment parce que toutes les politiques avant elles étaient de parfaites incompétentes. Le problème, avec les femmes, c'est qu'à force de leur répéter qu'elles sont inférieures, certaines finissent par y croire. Et à s'exclure presque naturellement de carrières censées ne pas leur convenir. Qu'il faille arrêter le discours victimaire et davantage se bouger la paire, OK. Mais imaginer qu'il aurait suffi à la gent féminine (et qu'il lui suffit) de s'investir dans le projet pour que le monde patriarcal intègre ses compétences, c'est aussi marrant que saoulant. Pour les problèmes d'acné, par contre, mieux vaut consulter.