Une étude prétend que les électeurs de l'extrême droite allemande sont plus susceptibles de croire aux "fake news"

23/10/17 à 15:53 - Mise à jour à 16:18

Source: Politico

Selon une étude menée par un think tank berlinois, et reprise par le site Politico, les électeurs d'extrême droite ont eu plus tendance à croire aux "fake news" que les autres durant la campagne des législatives de septembre dernier.

Une étude prétend que les électeurs de l'extrême droite allemande sont plus susceptibles de croire aux "fake news"

© iStock

Cette nouvelle étude indique que ces fausses informations avaient conforté les électeurs de l'Alternative pour l'Allemagne (AfD) dans leur opinion. Pour rappel, avec 12,6% des voix, l'AfD est devenue le premier parti d'extrême droite à siéger au Parlement fédéral depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale.

A posteriori, les observateurs pensent que les "fake news" n'ont pas eu de grand impact sur le vote des Allemands le mois dernier, ce qui contraste avec leur émergence impressionnante au sein de la campagne présidentielle américaine de l'année dernière, ou durant les élections françaises, par exemple. L'étude menée par la Stiftung Neue Verantwortung, un think tank spécialisé dans les questions numériques, suggère qu'elles ont pourtant bien eu une influence.

"Le fait de s'en rendre compte ne doit pas uniquement déclencher d'autres recherches et d'autres questions, mais de l'action politique concrète", écrit Alexander Sängerlaub, le chef du projet "fake news" au Stiftung Neue Verantwortung, dans le compte-rendu de ses recherches.

"Comment ramener l'importance des faits dans un monde où la communication s'est affranchie des faits ? Et qui est même encore prêt à encore croire aux faits ? Ces deux questions sont aujourd'hui les deux plus grands défis qui sont apparus depuis le début de l'ère de la post-vérité", explique-t-il.

L'enquête, qui a interrogé environ un millier de personnes, a démontré que les électeurs de l'AfD étaient plus sceptiques par rapport aux sources utilisées par les médias traditionnels que n'importe quel autre corps électoral du pays. Les électeurs du parti de droite radicale se basent bien plus fortement sur des informations provenant des réseaux sociaux, bien plus que n'importe électeur d'un autre parti.

Alors que Twitter joue un rôle relativement mineur en Allemagne, Facebook - et ses 30 millions d'utilisateurs - reste une "force majeure" dans le pays, même si le réseau social est moins utilisé pour les campagnes politiques qu'il ne l'est dans d'autres pays occidentaux (USA et France, par exemple).

Les chercheurs ont démontré que les sympathisants des partis d'extrême droite étaient plus susceptibles de croire des "fake news" en ligne et des faux reportages si ceux-ci confirmaient simplement leurs préjugés.

Par exemple, des reportages négatifs à propos des réfugiés et des migrants ont été massivement partagés parmi la "fachosphère" via différents médias sociaux ou encore des plates-formes en ligne avant les élections du 24 septembre dernier. Ces diffusions ont eu pour conséquence de "conforter" ou de "renforcer" ce que ces sympathisants de l'extrême droite pensaient déjà, et les ont définitivement poussés à aller voter.

Lors de l'étude, par exemple, trois quarts des électeurs de l'AfD ont cru à un faux reportage stipulant que plus de la moitié des réfugiés qui étaient arrivés récemment en Allemagne n'avaient pas terminé leurs études secondaires. De manière plus globale, "seulement" 56% des personnes interrogées (donc de tous bords) ont cru à ce faux reportage.

Un autre exemple : près d'un électeur sur 4 de l'AfD a avoué avoir cru à un faux reportage, principalement partagé sur les réseaux sociaux, dans lequel Margot Käßmann, l'ancienne évêque de l'église protestante de Hanovre, aurait dit que tous les Allemands étaient des Nazis, alors qu'à peine 11% de l'ensemble des personnes interrogées ont déclaré y avoir cru.

Pour rappel, la coalition conservatrice CDU-CSU de la Chancelière Angela Merkel est arrivée en tête des élections de septembre dernier et a entamé les discussions avec le parti libéral FDP et les Verts en vue de former un gouvernement.