L'attaque s'est produite dans la nuit de vendredi à samedi à Kiev et n'a fait aucun blessé, mais a endommagé la façade du siège de la chaîne 112 Ukraine, selon la police. Un lance-grenade a été abandonné sur place.

Les services de sécurité ukrainiens (SBU) ont ouvert une enquête pour "acte terroriste", tandis que la police a renforcé les contrôles à Kiev pour espérer retrouver le tireur.

Le président de 112 Ukraine, Egor Benkendorf, a appelé le président Volodymyr Zelensky à "condamner immédiatement cet acte criminel" et à "signifier clairement et résolument que personne ne doit utiliser la force contre les médias".

La chaîne est détenue par le député prorusse Taras Kozak. Elle avait reçu quelques jours plus tôt un avertissement du Parquet ukrainien après avoir annoncé son intention de diffuser un documentaire sur l'Ukraine du réalisateur américain Oliver Stone, qui comporte notamment une interview de Vladimir Poutine.

Jeudi, le procureur général ukrainien Iouri Loutsenko a affirmé que toutes les personnes responsables pour la diffusion de ce "film de propagande russe" seraient convoquées pour interrogatoire.

Vendredi, la télévision a dit avoir reçu "une menace directe d'attaque physique" de la part d'organisations ultranationalistes.

Après l'attaque, la chaîne a annoncé avoir annulé la diffusion du documentaire, prévue mardi, dans l'espoir d'éviter un procès et des sanctions de la part des autorités.

La Russie et l'Ukraine sont à couteaux tirés depuis l'arrivée de pro-occidentaux au pouvoir à Kiev en 2014, suivi par l'annexion par Moscou de la péninsule ukrainienne de Crimée puis d'une guerre entre forces de Kiev et séparatistes prorusses dans l'Est, qui a fait plus de 13.000 morts.

De nombreuses attaques ont visé la presse ou des journalistes ces dernières années en Ukraine, où un grand nombre d'armes se retrouvent en circulation du fait de la guerre et où les enquêtes dans ce genre d'affaires n'aboutissent que très rarement à la condamnation des responsables.