Outre les conflits politiques ou socio-économiques qui déchirent de nombreuses régions du Moyen-Orient et d'Afrique, il existe d'autres facteurs qui permettent de prédire de potentiels conflits. Les pénuries d'eau sont notamment responsables de certains affrontements. D'où l'intérêt de garder un oeil sur les réserves d'eau mondiales.

Des chercheurs de six organisations ont dès lors développé un outil d'alerte destiné à prédire où la violence serait susceptible d'éclater à cause de ce manque d'eau : l'outil WPS "Water, peace and security".

Pour ce faire, ils ont rassemblé l'ensemble des données mondiales disponibles en matière de précipitations, de sécheresses, de mauvaises récoltes..., ainsi que les variables socio-économiques nationales et régionales. Une somme importante d'informations à laquelle viennent s'ajouter les connaissances historiques sur les conflits violents, mais également toutes les corrélations de ces vingt dernières années entre tous ces facteurs.

Il s'agit non seulement du premier outil destiné à évaluer les possibles affrontements liés à l'eau afin de mieux les prévenir. Mais c'est aussi le premier système qui combine tant les données environnementales que les variables socio-économiques. Le think tank Pacific Institute avait notamment rassemblé de nombreuses statistiques en la matière. Son constat ? Les incidents liés à l'eau enregistrés ont plus que doublé au cours des 10 dernières années.

Une carte interactive prédit les potentiels conflits liés à l'eau. © WPS

Comment cela fonctionne

Si cet outil vise essentiellement à sensibiliser les décideurs politiques et les gouvernements pour les encourager à intervenir localement avant le déclenchement d'un conflit, n'importe qui peut en faire usage.

L'outil fonctionne ainsi : les scientifiques analysent des données d'images satellites afin de mesurer, par exemple, la quantité d'humidité qui s'échappe des cultures. De quoi leur donner une idée sur l'état de santé de ces cultures. Ainsi, si les cultures ne se portent pas bien, c'est probablement le signe d'une potentielle pénurie d'eau qui augmente alors le facteur de risque de conflit. Les scientifiques vont alors combiner ces données avec d'autres facteurs de prédiction de la violence, comme l'instabilité politique par exemple.

"Cet outil examine plus de 80 indicateurs en tout, remontant parfois jusqu'à 20 ans en arrière. Il est alors en mesure d'utiliser ce qu'il a "appris" sur les corrélations entre les différentes variables pour prédire un potentiel conflit (ou non) au cours des 12 prochains mois, compte tenu des conditions actuelles", explique Charles Iceland, expert en eau au World Resources Institute et membre de l'équipe chargée du projet.

" Peut-être que nous pourrons prédire [la prochaine] Syrie ", a-t-il ajouté. En effet, une importante pénurie d'eau qui a débuté en 2006 en Syrie serait l'une des causes du conflit actuel. Une intense sécheresse, probablement causée par le réchauffement climatique, aurait entraîné une migration de masse de la campagne syrienne vers les villes. "Cette hausse de la population urbaine ne serait pas étrangère au soulèvement de 2011, qui a fini par dégénérer en guerre civile ", selon une étude.

Environ 3,6 milliards de personnes dans le monde sont actuellement menacées par des potentielles pénuries d'eau. Et le réchauffement climatique ne fait qu'exacerber le problème. L'outil WPS prévoit déjà plusieurs zones à risque d'ici à septembre 2020. Il en identifie notamment au Sahel, en Libye, en Egypte, en Syrie, en Irak, à Madagascar, en Afghanistan, au Pakistan ou encore au Bangladesh.

Outre les conflits politiques ou socio-économiques qui déchirent de nombreuses régions du Moyen-Orient et d'Afrique, il existe d'autres facteurs qui permettent de prédire de potentiels conflits. Les pénuries d'eau sont notamment responsables de certains affrontements. D'où l'intérêt de garder un oeil sur les réserves d'eau mondiales.Des chercheurs de six organisations ont dès lors développé un outil d'alerte destiné à prédire où la violence serait susceptible d'éclater à cause de ce manque d'eau : l'outil WPS "Water, peace and security".Pour ce faire, ils ont rassemblé l'ensemble des données mondiales disponibles en matière de précipitations, de sécheresses, de mauvaises récoltes..., ainsi que les variables socio-économiques nationales et régionales. Une somme importante d'informations à laquelle viennent s'ajouter les connaissances historiques sur les conflits violents, mais également toutes les corrélations de ces vingt dernières années entre tous ces facteurs.Il s'agit non seulement du premier outil destiné à évaluer les possibles affrontements liés à l'eau afin de mieux les prévenir. Mais c'est aussi le premier système qui combine tant les données environnementales que les variables socio-économiques. Le think tank Pacific Institute avait notamment rassemblé de nombreuses statistiques en la matière. Son constat ? Les incidents liés à l'eau enregistrés ont plus que doublé au cours des 10 dernières années.Si cet outil vise essentiellement à sensibiliser les décideurs politiques et les gouvernements pour les encourager à intervenir localement avant le déclenchement d'un conflit, n'importe qui peut en faire usage.L'outil fonctionne ainsi : les scientifiques analysent des données d'images satellites afin de mesurer, par exemple, la quantité d'humidité qui s'échappe des cultures. De quoi leur donner une idée sur l'état de santé de ces cultures. Ainsi, si les cultures ne se portent pas bien, c'est probablement le signe d'une potentielle pénurie d'eau qui augmente alors le facteur de risque de conflit. Les scientifiques vont alors combiner ces données avec d'autres facteurs de prédiction de la violence, comme l'instabilité politique par exemple."Cet outil examine plus de 80 indicateurs en tout, remontant parfois jusqu'à 20 ans en arrière. Il est alors en mesure d'utiliser ce qu'il a "appris" sur les corrélations entre les différentes variables pour prédire un potentiel conflit (ou non) au cours des 12 prochains mois, compte tenu des conditions actuelles", explique Charles Iceland, expert en eau au World Resources Institute et membre de l'équipe chargée du projet." Peut-être que nous pourrons prédire [la prochaine] Syrie ", a-t-il ajouté. En effet, une importante pénurie d'eau qui a débuté en 2006 en Syrie serait l'une des causes du conflit actuel. Une intense sécheresse, probablement causée par le réchauffement climatique, aurait entraîné une migration de masse de la campagne syrienne vers les villes. "Cette hausse de la population urbaine ne serait pas étrangère au soulèvement de 2011, qui a fini par dégénérer en guerre civile ", selon une étude.Environ 3,6 milliards de personnes dans le monde sont actuellement menacées par des potentielles pénuries d'eau. Et le réchauffement climatique ne fait qu'exacerber le problème. L'outil WPS prévoit déjà plusieurs zones à risque d'ici à septembre 2020. Il en identifie notamment au Sahel, en Libye, en Egypte, en Syrie, en Irak, à Madagascar, en Afghanistan, au Pakistan ou encore au Bangladesh.