Dans l'école d'arts martiaux où N.D. réside, on ne retrouve que des élèves étrangers. Les étudiants chinois ne sont pas rentrés de vacances : "Ils devraient être là, mais ils sont confinés chez eux. C'est le cas d'une bonne partie de la population", nous confirme-t-il depuis la province du Henan, voisine de celle où se situe Wuhan. "On n'a pas beaucoup d'informations."

Un système de confinement a été mis en place dans plusieurs régions pour éviter au maximum les déplacements, surtout avec le Nouvel An chinois. Si la situation n'est pas alarmiste, les habitants doivent tout de même prendre des mesures de précaution : "on doit faire attention à bien se laver les mains, éviter les contacts avec les animaux. On doit également prendre notre température trois fois par jour et donner les résultats aux professeurs". Dans les chambres et espaces de vie de l'établissement, on a également pulvérisé un produit : "je ne sais pas si c'est vraiment utile ou plus un placebo, mais ils ont l'air assez concernés."

La police à un barrage sur un pont traversant le fleuve Yangtze vers la province de Hubei à Jiujiang, province de Jiangxi., REUTERS/Thomas Peter
La police à un barrage sur un pont traversant le fleuve Yangtze vers la province de Hubei à Jiujiang, province de Jiangxi. © REUTERS/Thomas Peter

Rues quasi vides et supermarchés fermés

Malgré les mesures prises, il n'est pas recommandé de sortir en dehors du bâtiment. "Normalement on sort deux jours par semaine. Parfois, le dimanche, on va dans une ville de la région pour se détendre. Mais pour l'instant, on n'y va plus. Ni dans la petite ville à côté où on va généralement faire nos courses." La dernière fois que N.D. est sorti dans le village, il y régnait un étrange calme : "Il n'y avait quasiment personne dans les rues. Les petits commerces de street food étaient tous fermés... sauf un marchand de fruits. Le grand supermarché était aussi clos. Une seule enseigne avait ouvert ses portes, y provoquant un afflux massif des gens. Les gens y rentraient et en sortaient très rapidement. C'est ce que nous avons fait aussi. Tout le monde porte des masques. C'était un peu une ambiance apocalyptique."

Sans supermarchés et avec la limitation des déplacements, difficile de s'approvisionner, alors on s'organise comme on peut : "on privilégie le transport court, avec les locaux. On fait des listes qu'on remet à nos professeurs, qui les envoient via internet à leurs contacts. Des personnes vont récupérer les produits dans la mesure de leurs moyens. Les routes sont barrées donc ils font passer de tuk-tuk en tuk-tuk au-dessus des barricades, jusqu'à l'entrée de l'école." Des scènes qui sont loin d'être ordinaires et qui sont directement liées aux mesures prises contre la propagation du virus. "Ils veulent au maximum limiter les déplacements : des camions sont venus déverser de la terre pour bloquer les accès, il y a des barrages policiers... Dans les grandes villes, les plaques d'immatriculation sont triées."

Vue d'ensemble à l'intérieur d'un centre commercial à Wuhan., Jovis and Marissa/via REUTERS
Vue d'ensemble à l'intérieur d'un centre commercial à Wuhan. © Jovis and Marissa/via REUTERS

Pas de panique

Les cas de coronavirus se multiplient dans le monde. L'Organisation mondiale de la Santé (OMS) vient d'ailleurs de déclarer l'urgence mondiale. Mais, isolé à quelques centaines de kilomètres de l'épicentre de l'épidémie, N.D. se dit relativement serein : "Cela fait un peu bizarre, mais on essaie de ne pas être alarmiste. J'ai le sentiment qu'en Belgique et autres pays occidentaux, les médias en font beaucoup. Ici, ils prennent cela au sérieux mais veulent sans doute avant tout éviter que ça soit la panique. On ne sait pas faire grand-chose. Mais si quelqu'un se sent un peu faible, on le signale tout de suite."

Les Belges de Wuhan rapatriés samedi

Les Belges qui se trouvent encore dans les environs de la ville de Wuhan pourront être rapatriés samedi. "Un vol embarquera des ressortissants français et européens, en ce compris nos compatriotes qui le désirent", a précisé le ministre des Affaires étrangères Philippe Goffin. Le rapatriement n'est cependant pas obligatoire pour ces neuf Belges et trois membres des familles (non-belges).

Le vol, lors duquel un agent consulaire belge sera présent pour s'occuper des ressortissants, revient samedi dans le courant de la journée et atterrira à l'aéroport de Melsbroek. "A la demande de la France, pour des raisons pratiques, un certain nombre de concitoyens européens arriveront à Bruxelles et seront dans les plus brefs délais ramenés dans leurs pays par les autorités", souligne encore Goffin.

Les Affaires étrangères déconseillent désormais fortement tous les voyages vers la province chinoise de Hubei, dont Wuhan est la capitale, et recommandent aux citoyens belges de reporter les voyages non essentiels vers la Chine, à l'exception de la région semi-autonome Hong Kong.

Dans l'école d'arts martiaux où N.D. réside, on ne retrouve que des élèves étrangers. Les étudiants chinois ne sont pas rentrés de vacances : "Ils devraient être là, mais ils sont confinés chez eux. C'est le cas d'une bonne partie de la population", nous confirme-t-il depuis la province du Henan, voisine de celle où se situe Wuhan. "On n'a pas beaucoup d'informations."Un système de confinement a été mis en place dans plusieurs régions pour éviter au maximum les déplacements, surtout avec le Nouvel An chinois. Si la situation n'est pas alarmiste, les habitants doivent tout de même prendre des mesures de précaution : "on doit faire attention à bien se laver les mains, éviter les contacts avec les animaux. On doit également prendre notre température trois fois par jour et donner les résultats aux professeurs". Dans les chambres et espaces de vie de l'établissement, on a également pulvérisé un produit : "je ne sais pas si c'est vraiment utile ou plus un placebo, mais ils ont l'air assez concernés."Malgré les mesures prises, il n'est pas recommandé de sortir en dehors du bâtiment. "Normalement on sort deux jours par semaine. Parfois, le dimanche, on va dans une ville de la région pour se détendre. Mais pour l'instant, on n'y va plus. Ni dans la petite ville à côté où on va généralement faire nos courses." La dernière fois que N.D. est sorti dans le village, il y régnait un étrange calme : "Il n'y avait quasiment personne dans les rues. Les petits commerces de street food étaient tous fermés... sauf un marchand de fruits. Le grand supermarché était aussi clos. Une seule enseigne avait ouvert ses portes, y provoquant un afflux massif des gens. Les gens y rentraient et en sortaient très rapidement. C'est ce que nous avons fait aussi. Tout le monde porte des masques. C'était un peu une ambiance apocalyptique."Sans supermarchés et avec la limitation des déplacements, difficile de s'approvisionner, alors on s'organise comme on peut : "on privilégie le transport court, avec les locaux. On fait des listes qu'on remet à nos professeurs, qui les envoient via internet à leurs contacts. Des personnes vont récupérer les produits dans la mesure de leurs moyens. Les routes sont barrées donc ils font passer de tuk-tuk en tuk-tuk au-dessus des barricades, jusqu'à l'entrée de l'école." Des scènes qui sont loin d'être ordinaires et qui sont directement liées aux mesures prises contre la propagation du virus. "Ils veulent au maximum limiter les déplacements : des camions sont venus déverser de la terre pour bloquer les accès, il y a des barrages policiers... Dans les grandes villes, les plaques d'immatriculation sont triées."Les cas de coronavirus se multiplient dans le monde. L'Organisation mondiale de la Santé (OMS) vient d'ailleurs de déclarer l'urgence mondiale. Mais, isolé à quelques centaines de kilomètres de l'épicentre de l'épidémie, N.D. se dit relativement serein : "Cela fait un peu bizarre, mais on essaie de ne pas être alarmiste. J'ai le sentiment qu'en Belgique et autres pays occidentaux, les médias en font beaucoup. Ici, ils prennent cela au sérieux mais veulent sans doute avant tout éviter que ça soit la panique. On ne sait pas faire grand-chose. Mais si quelqu'un se sent un peu faible, on le signale tout de suite."