"Petit garçon, petite famille, tous disparus" ... Un an après la fusillade de Parkland, qui avait fait 17 victimes dans le bâtiment de première année du lycée Marjory Stoneman Douglas, le mouvement provoqué par cet événement ouvre un nouveau chapitre. Deux médias américains ont en effet décidé de créer un site internet dont l'objectif est de recenser toutes les nouvelles victimes d'armes à feu aux États-Unis. Quelque 1200 jeunes de moins de 18 ans ont trouvé la mort ces 12 derniers mois.
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"Petit garçon, petite famille, tous disparus" ... Un an après la fusillade de Parkland, qui avait fait 17 victimes dans le bâtiment de première année du lycée Marjory Stoneman Douglas, le mouvement provoqué par cet événement ouvre un nouveau chapitre. Deux médias américains ont en effet décidé de créer un site internet dont l'objectif est de recenser toutes les nouvelles victimes d'armes à feu aux États-Unis. Quelque 1200 jeunes de moins de 18 ans ont trouvé la mort ces 12 derniers mois.Suite à la fusillade de 2018, des jeunes activistes avaient reproché aux médias de n'écrire que des articles sur les tueries de masse, et d'ignorer les incidents isolés, mais récurrents, provoqués par les armes à feu aux États-Unis. Afin de remédier à "ce déséquilibre", le groupe de presse McClatchy et le site The Trace ont engagé une équipe de 200 journalistes en formation pour développer "Since Parkland", un site mis en ligne le 12 février dernier, qui rassemble les portraits de chacune des victimes.L'objectif de "Since Parkland" est de raconter la vie, souvent courte, de ces jeunes Américains afin qu'on se souvienne d'eux autrement que comme des martyrs. On retrouve les récits d'enfants victimes d'accidents (l'arme des parents était mal rangée par exemple), de balles perdues (comme le cas de Makiyah Wilson, une petite fille de 10 ans tuée alors qu'elle se dirigeait vers un marchand de glace à Washington), de violences domestiques ou encore de meurtres-suicides (comme ce père qui a tué sa famille avant de se donner la mort).Parmi eux, l'histoire de Todd Dorn : "Il était Dinero. Il était Poppy. Il était Pop. Pas étonnant qu'il ait tant de surnoms : il faisait partie d'une grande famille de quatre soeurs et trois frères et était considéré "comme un grand frère" par ses amis". Le jeune homme, âgé de 18 ans, s'est fait tirer dessus le 18 février 2018 et est mort des suites de ses blessures. Le suspect, arrêté par la police, n'était âgé que de 16 ans.Entre 900 et 1000 disparus supplémentaires n'ont pas été répertoriés : "Nous avons choisi d'omettre les enfants et les adolescents décédés par suicide", rapporte le site. Et cela, pour plusieurs raisons : non seulement parce que certaines familles refusent de retrouver l'histoire de leur enfant sur internet, mais aussi par sécurité. En effet, plusieurs recherches montrent que les reportages sur le suicide peuvent déclencher un comportement suicidaire chez les lecteurs. Ce phénomène, appelé : "contagion de suicide", survient en particulier lorsque la victime est connue. Il faut savoir que le taux de suicide chez les jeunes en Amérique est en constante augmentation : "entre 2006 et 2016, le taux de suicide chez les enfants blancs et les adolescents de moins de 18 ans a augmenté de 70%, et de 77% chez les enfants et les adolescents noirs ", peut-on lire sur le site."Since Parkland" offre "un compte rendu sans précédent de l'ampleur et des contours de la violence par arme à feu ". Dans la mesure où ces données concernent les enfants, le site pourrait en effet avoir un impact majeur sur la réglementation des armes en Amérique. Des changements commencent déjà à se faire sentir dans le pays de l'Oncle Sam. Depuis la fusillade, des dizaines d'États ont en effet adopté de nouvelles lois sur le contrôle des armes à feu dans le cadre d'un effort historique.